France - Mila a peur de se faire assassiner
Publié

FranceMila a peur de se faire assassiner

L’ado qui avait blasphémé l’islam en 2020 reçoit toujours des menaces de mort. Elle pense qu’elle ne vivra pas longtemps.

Mila n’est pas près de retrouver la sérénité. Après avoir tenu des propos violents contre l’islam dans une vidéo diffusée sur le Net, en janvier 2020, et visionnée 35 millions de fois, la Lyonnaise avait reçu plus de 100’000 messages haineux au nom d’Allah. «Le Coran il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde. Il y a encore des gens qui vont s’exciter, j’en ai rien à foutre, je dis ce que je veux, ce que je pense. Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul. Merci, au revoir», avait-elle balancé. Alors que le procès de treize de ses cyberharceleurs présumés a été ouvert à Paris le 3 juin 2021, et renvoyé au 21 juin, l’ado est toujours victime d’attaques virtuelles. Son blasphème a bouleversé sa vie. Déscolarisée pour sa sécurité, la lycéenne de 18 ans a laissé tomber l’idée de préparer son bac. «Au niveau des études, je suis complètement perdue», a-t-elle confié dans «Sept à Huit», dimanche 13 juin 2021, sur TF1.

Pour la sortie de son livre le 23 juin 2021, «Je suis le prix de votre liberté», Mila raconte qu’elle a l’impression «d’être en prison», même dehors. Menacée de mort et de viol, elle doit sortir «camouflée dans des couches de vêtements», avec «des maquillages différents», afin de ne pas être reconnue. «C’est pesant évidemment. Si je dois aller chercher le pain à la boulangerie d’en face, c’est recommandé que je sorte accompagnée, a-t-elle expliqué. J’ai l’impression d’être condamnée pour un crime que je n’ai pas commis et que je ne commettrai jamais. De savoir que je n’ai pas le droit d’avoir la liberté des autres personnes de mon âge et de ma génération, c’est très difficile à encaisser.»

Victime d’homophobie

Si Mila s’était emportée contre l’islam, c’était pour pousser un coup de gueule. «J’ai toujours beaucoup été insultée au nom d’Allah parce que je me suis toujours habillée assez court, parce que j’ai une sexualité décalée, a-t-elle raconté. Quand j’étais au lycée et que je me promenais avec ma copine main dans la main, on se faisait insulter, c’était toujours comme ça. Donc j’ai fait sur un coup de tête cette vidéo dont je ne regretterai jamais les paroles, et même la vulgarité au final.» La jeune femme précise toutefois qu’elle n’a jamais insulté les croyants: «Je sais faire la différence entre les musulmans, que j’apprécie et qui pratiquent leur religion en paix et dans le respect d’autrui, et l’islam politique.» Aujourd’hui, Mila, qui «se bat en permanence» contre ses détracteurs, ne songe pas à présenter des excuses. «Que ce soit en vrai ou sur les réseaux sociaux, je garde mon audace», a-t-elle affirmé.

Comment Mila imagine-t-elle son futur dans cinq ans? «Je me vois grande brûlée, peut-être avec une jambe arrachée ou peut-être morte. Peut-être que je serai morte dans cinq ans, a-t-elle déploré. Je ne vais forcément pas rester en vie et je sais que ce n’est pas normal. C’est dans ces moments-là que je me mets à pleurer parce que je ne suis pas capable de voir mon avenir comme les autres.»

(lja)

Ton opinion