Cyclisme: Milan-Sanremo: trois prétendants pour un fantasme sur la Riviera
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CyclismeMilan-Sanremo: trois prétendants pour un fantasme sur la Riviera

Le champion du monde Julian Alaphilippe, le champion des Pays-Bas Mathieu van der Poel et le vainqueur sortant, le Belge Wout van Aert, sont les favoris de la plus longue course de la saison, dont le départ sera donné samedi.

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AFP/Sport-Center
Les trois prétendants: Alaphilippe, Van der Poel et Van Aert.

Les trois prétendants: Alaphilippe, Van der Poel et Van Aert.

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Un «monument» et trois prétendants: le champion du monde Julian Alaphilippe, le champion des Pays-Bas Mathieu van der Poel et le vainqueur sortant, le Belge Wout van Aert, abordent avec le rang de favoris les 299 kilomètres de la plus longue course de la saison.

Dans l’irradiante «classicissima», l’une des cinq plus grandes courses d’un jour, l’équation reste la même bien que le parcours ait légèrement été changé vers la mi-course: les attaquants parviendront-ils à distancer les sprinteurs dans la Cipressa et surtout le Poggio, la dernière montée dont le sommet est distant de 5,5 kilomètres de l’arrivée sur la Riviera ?

Depuis 2017, les puncheurs sont sortis vainqueurs de ce match récurrent. À une poignée de secondes près, l’écart enregistré sur la ligne de la Via Roma où le «staccato» de la course culmine dans un final intense, indécis, passionnant.

Trois approches différentes

Cette année, le feuilleton recommence. Cinq mois après le Tour des Flandres, dernier «monument» d’une saison 2020 au calendrier chamboulé, et la domination d’un trio qui n’en finit pas de se côtoyer et, à l’occasion, de s’affronter. A l’avantage, pour l’instant, de van der Poel, vainqueur des Flandres à l’automne et de nouveau supérieur dans les Strade Bianche début mars.

Au récent Tirreno-Adriatico, tous trois ont suivi des voies différentes. Alaphilippe a gagné une étape mais a songé ensuite surtout au rendez-vous de Sanremo, où il s’est imposé en 2019.

«Je n’avais aucun intérêt à me donner à fond sur le chrono», a-t-il affirmé à propos du final mardi de la «course des deux mers».

«Je suis convaincu que je serai dans le coup pour la victoire»

Wout van Aert, vainqueur sortant de Milan – San Remo

A l’opposé, van Aert, éblouissant de forme et de force, a lutté quotidiennement pour le classement général, dont il a pris la deuxième place derrière le Slovène Tadej Pogacar, le grand absent samedi. «Je suis convaincu que je serai dans le coup pour la victoire», annonce le vainqueur sortant, qui rêve ouvertement d’une arrivée en solo (»cela rendrait la victoire unique») ou en petit comité.

Pour sa part, van der Poel s’est livré par intermittence. Mais avec quel éclat! Le Néerlandais, dont le démarrage final aux Strade Bianche a fait sensation, s’est montré ravi de ses deux victoires d’étape.

«J’ai eu une semaine parfaite et j’ai la bonne forme pour Milan-Sanremo», a estimé «VDP», dont l’expérience de la Primavera se limite à sa participation de l’été dernier alors qu’il cherchait sa meilleure condition (13e).

L’indispensable patience

A lui seul, van der Poel, dont le grand-père Raymond Poulidor a gagné à Sanremo voici... 60 ans, résume toute l’ambivalence de la grande classique italienne. Il peut provoquer la sélection à distance de l’arrivée, avec le risque élevé d’échouer tant le peloton est encore fourni à la Cipressa. «Je ne pense pas que ce soit une option», a-t-il d’ailleurs reconnu. Ou, plus probablement, attendre le Poggio, cette montée aux 30 courbes et aux quatre tournants surtout sélective dans son dernier kilomètre avant la rapide descente, ou encore miser sur le sprint final.

Mais, pour van der Poel, coureur d’instinct, le danger principal pourrait bien être de devoir faire montre de patience, une qualité fondamentale dans la «classicissima» qui privilégie le sang-froid et l’économie d’énergie avant l’explosion finale.

Les sprinteurs, qui se dissimulent jusqu’aux 50 derniers mètres, savent attendre. Le champion de France Arnaud Démare (en 2016) et le Norvégien Alexander Kristoff (en 2014) ont gagné de cette manière, là où l’Australien Caleb Ewan (2e en 2018), le Slovaque Peter Sagan (2e en 2013 et 2017) et l’Australien Michael Matthews (3e en 2015 et 2020) ont seulement frôlé la victoire.

Tous seront encore au départ comme l’Irlandais Sam Bennett, l’une des trois options de l’équipe d’Alaphilippe avec l’Italien Davide Ballerini, ou encore le champion d’Europe italien Giacomo Nizzolo. Dans un coin de la tête, ils ont l’idée de jouer de façon moins aléatoire qu’au casino voisin de la cité des fleurs. Après tout, qui imaginait la victoire en solitaire de Vincenzo Nibali en 2018?

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