Mille fonctionnaires malades par jour: Genève dit stop aux absences
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TravailMille fonctionnaires malades par jour: Genève met le holà

Le Conseil d’Etat lance un plan anti-absences, alors que le Canton est le cancre du pays.

par
Jérôme Faas
Nathalie Fontanet, conseillère d’Etat PLR chargée du Département des finances et des ressources humaines.

Nathalie Fontanet, conseillère d’Etat PLR chargée du Département des finances et des ressources humaines.

Lucien FORTUNATI

Genève est le champion suisse des absences de fonctionnaires. «La situation est très préoccupante», note Nathalie Fontanet. La conseillère d’Etat a annoncé ce mercredi le lancement d’un plan ad hoc, alors que le taux d’absences maladie (hors accidents et prénatalité) atteint à ce jour 5,4%. Le chiffre ne cesse de grimper et dessine, avec d’autres, un tableau inquiétant. Chaque jour, plus de 1000 employés (sur les 19’000 que compte le petit Etat) manquent à l’appel pour raisons de santé. Et le taux d’absence (maladie et accident) du seul personnel administratif genevois pulvérise la moyenne suisse (6% contre 3,5%).

Le fléau des absences de longue durée

A Genève, l’enjeu se situe au niveau des absences de longue durée: les personnes cumulant plus de 115 jours de maladie sur trois ans représentent 58% du volume total d’absences - notamment parce que le Canton ne cesse de payer ses salariés qu’après 750 jours d’absence (contrairement à Neuchâtel, par exemple, qui rabote leur paie de 20% après 180 jours, «et note un retour au travail dès que le salaire baisse», observe Nathalie Fontanet).

Plan «pas du tout agressif»

Le plan du Conseil d’Etat n’est cependant «pas du tout agressif», juge l’élue. Il s’agit de demander treize postes au Parlement pour embaucher des spécialistes capables d’analyser les raisons des absences – qui concernent davantage les employés des classes salariales inférieures à 18, ceux qui ont plus de 50 ans, ceux qui travaillent dans un service exposé et les femmes. Ils seront aussi chargés d’améliorer la détection des risques, le suivi des malades, et de mieux soutenir les personnes présentes, «qui sont souvent oubliées». Le service de santé, qui n’emploie que 11,8 personnes (pour 23’000 collaborateurs sous gestion), serait aussi renforcé.

«Ne rien faire coûtera plus cher»

Le Conseil d’Etat va donc demander au Parlement de débloquer 2,3 millions par an jusqu’en 2024, mais Nathalie Fontanet y voit un investissement: le but est de ramener le taux d’absences maladie à 4,4% d’ici 2026 et leur coût de 100 millions par an à 90-95 millions. Dit autrement, à ce jour, 1500 fonctionnaires manquent plus de nonante jours par an pour cause de maladie. L’Etat veut faire tomber ce chiffre à 1300. «Si on ne fait rien, ces absences nous coûteront 2 millions de plus chaque année», plaide la conseillère d’Etat. 

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