BâleMille francs d'amende contre les parents négligeants
Les géniteurs doivent tout faire pour contribuer au succès scolaire de leurs enfants. Sous peine d'amende, estime un ministre bâlois.
«Nous entendons souvent des enseignants qui s'inquiètent de voir que des élèves s'endorment pendant les cours parce qu'ils ont regardé la télévision jusqu'à minuit», déclare Christoph Eymann, chef du département de l'Education de Bâle-Ville.
Pour ne plus voir de telles situations, il veut ancrer dans une loi les devoirs des parents, en particulier l'obligation de collaborer avec l'école. Il propose au parlement de légiférer rapidement afin de soumettre les parents au nouveau texte dès la prochaine rentrée scolaire d'août, déclare-t-il dans une interview à la SonntagsZeitung.
Sur la base du dialogue et de la coopération, les parents devront notamment suivre plus assidûment les réunions scolaires et mieux veiller à la réussite en classe de leurs enfants. Dans les cas les plus graves, les parents risquent des amendes jusqu'à 1000 fr.
La loi obligerait les enfants à ne pas arriver en classe le ventre creux. Les parents des élèves qui sont obligés de réaliser des tâches ménagères au lieu de faire leurs devoirs et leçons seraient dénoncés.
Homologue bernois de Christoph Eymann, Bernhard Pulver a également développé un tel modèle. Mais pour l'instant, cette proposition est restée sans suite.
Les cantons de Bâle-Campagne, Argovie et Appenzell Rhodes-Extérieures connaissent déjà un système d'amende pour les parents qui ne coopèrent pas. Mais sous sa forme, la législation prévue à Bâle-Ville est unique.
L'Allemagne et l'Autriche font figures de précurseurs en la matière puisqu'ils ont déjà mis en place de telles législations.
(jbm/ats)
«Ce projet est contre-productif!»
Amender les parents: lidée ne séduit pas Jacques Daniélou, président de la Société pédagogique vaudoise: «On nobtient pas une meilleure collaboration en la forçant et on risque de monter lun contre lautre école et parents.» Admettant quil y a un vrai problème, il juge le projet «simpliste et contre-productif». Mais il y voit «le signe que le politique nabandonne pas lécole». A Genève, le président de la Commission de lenseignement du Grand Conseil ne veut pas se prononcer sur linitiative bâloise. «Je suis sensible au fait que les parents doivent être plus responsabilisés sur le travail scolaire de leurs enfants», se contente-t-il de commenter.