Suisse: Minibars: viré parce qu'il ne portait pas de cravate
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SuisseMinibars: viré parce qu'il ne portait pas de cravate

Des employés d'Elvetino, une filiale des CFF qui gère les minibars dans les trains, se plaignent des mauvaises conditions de travail. Depuis peu, ils obtiennent des malus s'ils ne respectent pas certaines règles.

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ij/ofu
A cinq points négatifs, l'employé reçoit un avertissement. A huit points, le collaborateur est renvoyé.

A cinq points négatifs, l'employé reçoit un avertissement. A huit points, le collaborateur est renvoyé.

photo: Keystone

Plusieurs collaborateurs d'Elvetino - une filiale de l'ex-régie fédérale - sortent du bois. Interrogés par l'émission «Kassensturz», ces personnes - en charge des minibars dans les trains - affirment subir d'énormes pressions de la part de leurs supérieurs.

«On nous traite comme des criminels. Je dois sans cesse prouver que je ne suis pas un voleur», raconte ainsi un employé. Celui-ci affirme avoir été viré après 12 ans de loyaux services parce qu'il a omis à plusieurs reprises de porter sa cravate.

Un comportement jugé «problématique»

Des recherches de la télévision alémanique SRF montrent en effet qu'Elvetino a introduit il y a un an un système de malus qui punit les collaborateurs lorsqu'ils ne respectent pas certaines règles, comme par exemple l'oubli du badge, une chemise non-repassée ou encore une annonce de maladie trop tardive. A partir de cinq points négatifs, l'employé reçoit un avertissement. S'il atteint huit points, le collaborateur est renvoyé. D'après Wolfgang Winter, patron d'Elvetino, ce système doit servir à traiter tous les employés de la même manière.

Reste que selon un document interne des CFF, que les reporters de «Kassensturz» sont parvenus à se procurer, plusieurs contrôleurs de trains dénoncent le comportement «problématique» des supérieurs d'Elvetino. Le document évoque notamment un ton inappropriée et la pression mise sur les effectifs.

Les supérieurs seront formés

Jeannine Pilloud, responsable des voyageurs auprès de l'ex-régie fédérale et présidente du conseil d'administration d'Elvetino, affirme prendre cette situation très au sérieux. Elle assure vouloir mener son enquête et former les supérieurs afin que les contrôles ne soient plus perçus comme des tracasseries de la part des collaborateurs.

Elvetino, entreprise créée en 2001, gère près de 100 restaurants et 80 minibars. Les minibars seront retirés progressivement dès 2017. Ils seront remplacés par des libres-services à bord des voitures-restaurant. Tous les employés concernés seront réaffectés à l'interne, promet Jeannine Pilloud.

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