Pakistan: Miraculée, l'alpiniste tente d'éviter l'amputation
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PakistanMiraculée, l'alpiniste tente d'éviter l'amputation

La Française Elisabeth Revol avait dû être secourue par l'armée pakistanaise sur le Nanga Parbat. Son compagnon de cordée n'a pas été retrouvé.

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nxp/cga
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«Ça commençait à être une question de survie»: l'alpiniste Elisabeth Revol a détaillé mercredi son calvaire vécu le week-end dernier sur l'Himalaya, depuis son lit d'hôpital où elle est traitée pour des gelures. (Mercredi 31 janvier 2018)

«Ça commençait à être une question de survie»: l'alpiniste Elisabeth Revol a détaillé mercredi son calvaire vécu le week-end dernier sur l'Himalaya, depuis son lit d'hôpital où elle est traitée pour des gelures. (Mercredi 31 janvier 2018)

AFP
Un groupe de 4 alpinistes polonais acheminés par air depuis le camp de base d'un autre géant situé non loin, le K2, a pu sauver l'alpiniste française Elisabeth Revol. (Mardi 30 janvier 2018)

Un groupe de 4 alpinistes polonais acheminés par air depuis le camp de base d'un autre géant situé non loin, le K2, a pu sauver l'alpiniste française Elisabeth Revol. (Mardi 30 janvier 2018)

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Elisabeth Revol.a été évacuée dimanche et hospitalisée à Islamabad, souffrant de «gelures sévères aux mains et aux pieds». (Mardi 30 janvier 2018)

Elisabeth Revol.a été évacuée dimanche et hospitalisée à Islamabad, souffrant de «gelures sévères aux mains et aux pieds». (Mardi 30 janvier 2018)

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Elisabeth Revol, l'alpiniste française secourue ce week-end lors d'une périlleuse opération sur le Nanga Parbat, l'un des plus hauts sommets du monde, a quitté le Pakistan mardi, promettant de revenir y escalader d'autres montagnes.

La jeune femme a été sauvée alors qu'elle se trouvait à très haute altitude sur les flancs de ce sommet de l'Himalaya pakistanais (8125 mètres), surnommé la «montagne tueuse», grâce à l'intervention d'un groupe de 4 alpinistes polonais acheminés par air depuis le camp de base d'un autre géant situé non loin, le K2.

Elle veut revenir

«Au revoir le Pakistan, je reviendrai grimper des montagnes au Pakistan mais pas le Nanga Parbat», a déclaré Mme Revol dans un message diffusé par le Club Alpin Pakistanais à l'occasion de son départ.

«Remerciements à tous les responsables, y compris l'armée pakistanaise, le Club Alpin Pakistanais et les autorités locales», a-t-elle ajouté dans son message.

«Mme Revol a quitté le Pakistan à 03H00 du matin (mardi) avec pour ambition de revenir bientôt», a déclaré à l'AFP Karrar Haidri, porte-parole du Club Alpin Pakistanais, précisant qu'elle se rendait en France après un atterrissage à Genève.

«Je préfère être pessimiste»

Pour Elisabeth Revol, il s'agit désormais d'une course contre la montre pour éviter l'amputation. Elle souffre d'engelures sévères aux mains et aux orteils après avoir subi des températures de -50°C. «C'est une course contre-la-montre. Le pied est particulièrement touché. En temps normal, ce type de gelure évolue vers l'amputation, explique au «Parisien» un médecin spécialiste des pathologies de l'altitude et du froid qui a eu Elisabeth Revol au téléphone. J'ai transmis un protocole de soins à mon confrère pakistanais pour appliquer le traitement le plus rapidement possible. Je préfère être pessimiste, en espérant une bonne surprise selon l'évolution des gelures»

L'opération de sauvetage avait été lancée samedi après-midi avec l'aide de l'armée pakistanaise.

Les quatre alpinistes polonais qui y ont pris part faisaient partie d'une expédition tentant de gravir le K2, deuxième plus haut sommet du monde (8611 mètres) derrière l'Everest en hiver, ce qui serait une première.

Un sauvetage sans précédent

Mme Revol a été évacuée dimanche et hospitalisée à Islamabad, souffrant de «gelures sévères aux mains et aux pieds». Les sauveteurs n'ont pas été en mesure d'atteindre son compagnon de cordée, le Polonais Tomek Mackiewicz, resté bloqué plus haut sur la montagne, et ont dû prendre la «décision terrible et douloureuse» de le laisser là.

La cordée s'était trouvée en difficulté alors qu'elle redescendait jeudi. Elisabeth Revol et Tomek Mackiewicz avaient été aperçus vendredi à l'aide de jumelles par d'autres alpinistes depuis le camp de base.

Selon l'alpiniste pakistanais Karim Shah, qui était en contact avec les membres de cette expédition, ce sauvetage est sans précédent dans l'histoire de l'alpinisme. Les sauveteurs ont gravi sans corde fixe et de nuit 1200 mètres par une route très difficile.

La «montagne tueuse»

Neuvième plus haut sommet du monde, le Nanga Parbat, dans le nord-est du Pakistan, a été surnommé la «montagne tueuse» car plus de 30 alpinistes y ont trouvé la mort avant d'être vaincu pour la première fois, en 1953.

Un Espagnol et un Argentin ont disparu en juin dernier en grimpant le Nanga Parbat, dont le nom signifie «montagne nue».

L'Italien Simone Moro, l'Espagnol Alex Txikon et le Pakistanais Ali Sadpara avaient réalisé en février 2016 la première ascension hivernale de cette montagne. (nxp/cga/afp)

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