Mise en examen de Chirac: réactions
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Mise en examen de Chirac: réactions

Les réactions à la mise en examen mercredi de Jacques Chirac pour «détournement de fonds publics» dans le cadre de l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris:

- Pour le député socialiste Arnaud Montebourg, c'est «une sorte de victoire posthume». «La justice aurait dû passer lorsque Jacques Chirac exerçait les responsabilités les plus élevées», a regretté M. Montebourg, auteur sous le gouvernement Jospin d'une proposition de résolution visant à renvoyer le président devant la Haute cour pour les affaires de la mairie de Paris. «Aujourd'hui, c'est bien tard que de s'en prendre à un homme âgé (...) Dix ans après, cela n'a pas grand sens».

- L'ancien juge Eric Halphen a jugé que «s'il faut se féliciter que la justice fasse son travail, il faut regretter qu'en France, il y ait une espèce de tabou qui fait qu'on ne puisse s'occuper des hommes politiques que quand ils ne sont plus au pouvoir». «C'est bien mais c'est malheureusement un peu tard et il ne faudrait pas pour autant penser que la justice est la même pour tout le monde», a-t-il commenté sur France Inter.

- Le député-maire Vert de Bègles (Gironde) Noël Mamère a estimé sur RTL que le fait «que l'ex-président de la République soit mis en examen pour ce qui s'est passé à la mairie de Paris, cela me semble tomber sous le sens, ou alors cela voudrait dire qu'il n'y a plus de justice dans ce pays». «Cela apparaît comme un événement considérable comme si un président ou ancien président était intouchable» mais «il faut que la justice, de temps à autres, montre qu'elle s'adresse à tous les citoyens français, y compris ceux qui sont au plus haut sommet de l'Etat».

- L'ancien président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud a jugé que «c'est un peu tardif de remettre ça». «Je trouve que la prescription, c'est enlever la paix de Damoclès sur la tête des individus, c'est la loi du pardon», a dit sur France Info ce proche de M. Chirac. «J'estime que les Français ont d'autres soucis que de revenir 20 ans, 30 ans en arrière et pourquoi pas 50 ans, en ce qui concerne l'imprescriptibilité (...) J'estime qu'il faut tirer un trait sur tout cela», a-t-il ajouté.

- L'ancien ministre délégué aux Relations avec le Parlement de Jacques Chirac, Henri Cuq a souligné que l'ex-président «savait qu'il aurait» à s'expliquer et «il le fait en responsabilité avec la dignité et le sens de l'honneur qui l'ont caractérisé tout au long de sa carrière politique». Il a autorisé le recrutement de ces chargés de mission «parce qu'ils étaient légitimes et nécessaires au bon fonctionnement et à l'impulsion qu'il souhaitait donner à l'administration de la ville de Paris».

- L'avocat Pierre-François Divier, à l'origine de cette procédure, a expliqué sur RTL que cette mise en examen représentait «probablement une victoire du bon fonctionnement finalement du système judiciaire» mais aussi «une nouvelle totalement inhabituelle» car «c'est quand même la première fois qu'un ancien président de la République en France est mis en examen.» L'ancien chef de l'Etat est mis en cause, selon Me Divier, parce que «toute une série de personnes qui n'ont jamais mis les pieds à la Ville de Paris (...) étaient payées par la Ville de Paris». (ap)

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