Royaume-Uni – Mise en garde contre une espionne chinoise présumée au Parlement
Publié

Royaume-UniMise en garde contre une espionne chinoise présumée au Parlement

Les députés britanniques ont été récemment prévenus par le MI5 des agissements d’une agente présumée du gouvernement chinois au Parlement.

L’ambassade de Chine à Londres a démenti ces accusations d’espionnage. (Image d’illustration)

L’ambassade de Chine à Londres a démenti ces accusations d’espionnage. (Image d’illustration)

AFP

Le service de renseignement intérieur britannique, le MI5, a mis en garde les députés contre les agissements d’une agente présumée du gouvernement chinois au Parlement, ont indiqué jeudi les autorités.

Selon le député conservateur Iain Duncan Smith, très critique du régime chinois, qui s’exprimait devant ses pairs, «le président (de la Chambre des Communes) a été contacté par le MI5» et à son tour, «prévient les députés qu’un agent du gouvernement chinois a été actif au Parlement». Les services du président de la Chambre, Lindsay Hoyle, ont confirmé qu’une notice avait été émise «en consultation avec les services de sécurité», sans plus de commentaire.

«Je sais que beaucoup seront très préoccupés par le fait qu’un individu qui s’est sciemment livré à des activités d’ingérence politique pour le compte du Parti communiste chinois ait pris pour cible des parlementaires», a tweeté la ministre de l’Intérieur Priti Patel.

Elle a souligné cependant que cette identification était «le résultat des structures solides mises en place au Royaume-Uni pour identifier les interférences étrangères ou toute menace potentielle pour notre démocratie».

L’ambassade de Chine à Londres a démenti ces accusations, en affirmant: «Nous n’avons pas besoin et ne cherchons jamais à acheter de l’influence dans un parlement étranger». «Nous nous opposons fermement à la diffamation et à l’intimidation contre la communauté chinoise au Royaume-Uni», a-t-elle ajouté.

La notice d’alerte émise par le MI5, citée par les médias, identifie l’agente présumée comme étant Christine Lee et souligne qu’elle s’est «sciemment engagée dans des activités d’ingérence politique au nom du Département du travail du Front uni du Parti communiste chinois».

«Dons financiers»

Elle a joué un rôle de facilitateur dans le versement de «dons financiers à des partis politiques, parlementaires, aspirants parlementaires et personnes envisageant des fonctions politiques au Royaume-Uni», selon la même source, pour le compte notamment de ressortissants étrangers basés en Chine ou à Hong Kong.

Christine Lee aurait versé des centaines de milliers de livres sterling à Barry Gardiner, ancien haut dirigeant du Parti travailliste, ainsi qu’au parti lui-même. Elle a aussi été photographiée avec l’ancien premier ministre conservateur David Cameron lors d’un événement en 2015, ainsi qu’à une autre occasion avec l’ancien dirigeant du Labour Jeremy Corbyn.

En 2019, Christine Lee a été décorée par la Première ministre conservatrice Theresa May en reconnaissance de sa contribution aux bonnes relations avec la Chine. Dans un communiqué, Barry Gardiner a assuré que tous les dons ont été signalés comme il se doit, précisant que le fils de Christine Lee travaillait pour lui jusqu’à sa démission jeudi.

Le député Iain Duncan Smith s’est inquiété du fait que Christine Lee n’ait pas été arrêtée, mais seulement interdite d’entrée au Parlement. Il a appelé aussi à une refonte des règles d’accréditation parlementaire. L’élu fait partie des personnalités britanniques visées par des sanctions de Pékin pour leurs critiques sur le traitement des Ouïghours.

(AFP)

Ton opinion

1 commentaire