Missiles nord-coréens: échec des Etats-Unis
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Missiles nord-coréens: échec des Etats-Unis

Le principal négociateur américain sur la Corée du Nord n'a pas réussi à rallier Pékin à une résolution de l'ONU menaçant Pyongyang de sanctions, après la salve de missiles que le régime a tiré. Pour sa part, Séoul a suspendu son aide vitale au Nord.

«Nous avons discuté de la meilleure façon de faire pression», a déclaré à la presse le secrétaire d'Etat américain adjoint aux Affaires asiatiques, Christopher Hill, peu avant de monter dans l'avion qui devait l'emmener de Pékin à Séoul. M. Hill ralliera plus tard Tokyo.

Le responsable n'a pas voulu répondre à la question de savoir si la Chine avait accepté de soutenir une résolution à l'ONU, affirmant simplement que ses interlocuteurs «comprenaient l'importance qu'il y avait à s'exprimer d'une seule voix».

Revenir aux négociations

M. Hill a notamment rencontré Wu Dawei, négociateur en chef chinois aux pourparlers multilatéraux qui tentent depuis près de trois ans de convaincre la Corée du Nord de renoncer à ses programmes nucléaires.

«Il nous faut retourner à la table des négociations», a estimé M. Hill. Le responsable avait appelé mercredi la Chine à se montrer «très, très ferme» avec la Corée du Nord, rappelant que Pékin est le pays hôte de ces pourparlers à six (les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie) et que Pyongyang est son «allié de longue date».

Sa visite intervenait après l'échec d'une nouvelle réunion, jeudi à New York, du Conseil de sécurité des Nations unies durant laquelle chacun a campé sur ses positions. Le Conseil devait reprendre ses débats vendredi dans l'après-midi (heure suisse).

Projet de déclaration

Les Etats-Unis soutiennent un projet de résolution déposée par le Japon, qui condamne les sept tirs de mercredi, appelle la Corée du Nord à reprendre les négociations sur ses programmes nucléaires et la menace de mesures punitives.

Mais Pékin - comme Moscou - préfére une déclaration, moins contraignante. Selon l'agence japonaise Kyoto, qui cite des sources proche des Nations unies, la Chine a d'ailleurs déjà rédigé un projet de déclaration à soumettre au Conseil de sécurité.

La Chine a une nouvelle fois refusé jeudi de condamner les tirs d'essai nord-coréens, disant privilégier «le dialogue et la consultation». Moscou a rejeté des «menaces (qui) ne mèneront qu'à des menaces en retour de la Corée du Nord», selon le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov.

Parallèlement, la Corée du Sud, autre importante alliée du Nord également accusée d'un manque de fermeté, a annoncé vendredi qu'elle gelait son aide vitale pour le régime nord-coréen, en proie à une pénurie alimentaire chronique. Le Sud est le premier donateur d'aide du Nord.

Pyongyang menace Tokyo

Séoul a également annoncé une suspension du dialogue militaire avec le Nord qui s'inscrit dans un processus de rapprochement lancé en 2000.

Pyongyang a de son côté poursuivi sur le même ton de défiance, exigeant l'arrêt des sanctions japonaises prises dès les tirs d'essai de sept missiles, sous peine de riposte «plus forte», a rapporté une délégation de journalistes nippons en visite à Pyongyang.

Le ministre sud-coréen de la Défense, Yoon Kwang-Ung, a réaffirmé que le Nord allait procéder à un deuxième tir d'essai de Taepodong-2, après le lancement d'un premier engin mercredi qui s'était abîmé en mer 42 secondes seulement après son décollage.

Le tir ne semble cependant pas imminent, selon Séoul, qui a néanmoins demandé à ses compagnies aériennes d'éviter l'espace aérien près du Nord jusqu'à mardi. Ces tirs «n'avaient pas pour intention d'attaquer qui que ce soit», a assuré Choe Myong-nam, conseiller à la mission nord-coréenne de l'ONU à Genève, dans un entretien à l'agence de presse sud-coréenne Yonhap. (ats)

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