Présidentielle US: Mitt Romney moins austère que son colistier
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Présidentielle USMitt Romney moins austère que son colistier

Le candidat républicain a cherché à prendre ses distances, dimanche, avec le projet budgétaire de son colistier Paul Ryan, pour se protéger des critiques des démocrates. Obama a déjà réagi.

Choisi samedi par M. Romney comme son potentiel vice-président, l'élu du Wisconsin à la Chambre des représentants est l'auteur d'un plan d'assainissement des finances qui plaide pour de profondes coupes budgétaires censées remédier à ce que son parti appelle des niveaux insoutenables de dette et de dépenses publiques américaines.

S'exprimant sur la chaîne CBS, M. Romney a refusé de reprendre ouvertement à son compte ce programme d'austérité. «J'ai mon idée de budget», a-t-il déclaré lors de leur premier entretien donné conjointement à la télévision. «Et c'est sur ce budget que nous ferons campagne.»

Révision de Medicare

Les propositions de M. Ryan incluent une révision de Medicare, le système d'assurance de santé pour les seniors, sujet politique sensible, et la mise en place d'un système de bons permettant aux futurs retraités de choisir entre une couverture privée et le programme habituel.

Mitt Romney a insisté sur le fait que ce projet n'entamerait pas ses chances dans des Etats clés comprenant de nombreux électeurs âgés, comme la Floride, la Pennsylvanie et l'Ohio. «Je ne connais dans l'histoire qu'un seul président ayant volé Medicare, 716 milliards de dollars à payer pour son nouveau programme, risqué, que nous appelons Obamacare», a dit Mitt Romney.

«Ce dont Paul Ryan et moi avons parlé, c'est de sauver Medicare, c'est d'apporter aux gens plus de choix dans Medicare, en faisant en sorte qu'il fonctionne pour les retraités actuels», a-t-il ajouté. «Ce faisant, pas de changement pour les actuels retraités, ou ceux qui sont proches de l'être. Mais nous regardons les jeunes et leur disons: 'Nous allons vous donner un plus grand choix'».»

Séduire le Tea Party

Le choix de placer M. Ryan sur le «ticket» républicain a été vu par beaucoup comme une décision courageuse mais risquée qui va recentrer la campagne présidentielle américaine sur les problèmes de dette et de déficit, au moment d'une reprise lente de l'économie américaine.

La désignation de M. Ryan a redonné une nouvelle énergie dans la campagne des républicains, qui espèrent notamment séduire l'électorat du Tea Party grâce aux positions ultraconservatrices de M. Ryan en matière fiscale. «Si on joue bien le coup, cela peut se retourner contre eux (les démocrates)», a ainsi estimé Charlie Black, stratège du camp républicain.

Obama offensif

Dans ce contexte, la stratégie des démocrates va désormais être de présenter le candidat à la vice-présidence comme une menace et de rallier les électeurs indépendants, mais également les personnes âgées et les libéraux sur le risque d'une remise en cause de Medicare.

C'est ce qu'a fait le président Barack Obama dimanche en décochant ses premières flèches contre M. Ryan. Il l'a décrit comme «le patron idéologique» des parlementaires républicains, dont les projets risquent de peser sur la classe moyenne américaine.

«C'est un type honnête. Un père de famille. C'est un porte-parole qui exprime clairement la vision du gouverneur Romney. Mais il a une vision avec laquelle je suis fondamentalement en désaccord», a expliqué le président sortant lors d'une réunion en vue de collecter des fonds à Chicago. (ats)

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