Actualisé 04.07.2011 à 17:15

Procès de MladicMladic est évacué de la salle

L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic s'est brièvement présenté lundi devant le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).

L'ex chef militaire serbe de Bosnie durant la guerre entre 1992 et 1995 s'est présenté lundi au tribunal du TPIY à La Haye.

L'ex chef militaire serbe de Bosnie durant la guerre entre 1992 et 1995 s'est présenté lundi au tribunal du TPIY à La Haye.

L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic a refusé de plaider coupable ou non coupable lundi devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Rappelé à l'ordre plusieurs fois par le juge, il a finalement été évacué de la salle d'audience.

«Le tribunal vous met en garde contre le fait que vous allez être évacué de la salle. Sécurité, faites sortir M. Mladic,» a lancé le juge néerlandais Alfons Orie, alors que l'ancien général venait de crier en sa direction: «Vous ne me laissez pas respirer».

Il avait quelques instants plus tôt refusé de plaider coupable ou non coupable des onze chefs d'accusation de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis durant la guerre de Bosnie (1992-1995) pesant contre lui.

Cela avait déjà été le cas lors de sa première audience de comparution à La Haye le 3 juin, au cours de laquelle il avait affirmé avoir besoin d'un délai supplémentaire pour prendre connaissance de l'acte d'accusation.

Le juge Orie a pris note lundi d'un plaidoyer de non-culpabilité au nom de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, comme le prévoit le règlement du tribunal. L'audience a été interrompue quelques instants après l'évacuation de M. Mladic.

Dimanche, l'avocat en Serbie de M. Mladic, Milos Saljic, avait assuré qu'il ne souhaitait pas comparaître lundi car le greffe n'avait pas encore désigné les membres permanents de son équipe de défense.

Contacts avec le public

L'ancien général, qui encourt la prison à vie, était finalement présent dans le box des accusés lundi à 10h00, représenté par l'avocat commis d'office qui l'avait assisté lors de la première audience, Aleksandar Aleksic.

Celui-ci a demandé au juge Orie un nouveau report de l'audience pour permettre à M. Mladic de plaider coupable ou non ultérieurement. Il a également demandé à quitter le prétoire, expliquant que l'accusé avait refusé de communiquer avec lui lundi matin. Ces deux requêtes ont été rejetées par le juge Orie.

Dès l'ouverture de l'audience, M. Mladic, vêtu d'un costume gris clair, avait été rappelé à l'ordre par le juge car il tentait de communiquer avec le public présent à l'audience, comme il l'avait déjà fait, selon le juge, lors de sa première audience le 3 juin.

«Si vous continuez de vous adresser au public, M. Mladic, des mesures seront prises», a lancé le juge à l'accusé, qui l'a interrompu à plusieurs reprises au cours de l'audience. «J'ai froid à la tête, qu'on me laisse récupérer ma casquette, quand j'ai froid, j'ai la moitié du corps qui ne répond plus», a rétorqué l'ancien général, âgé de 69 ans. Le juge a refusé.

Mladic pourra plaider coupable

L'ancien général a ensuite demandé lui-même à bénéficier d'un délai de trente jours supplémentaires pour avoir le temps, selon lui, de se préparer avec les deux avocats par lesquels il souhaite être défendu, Milos Saljic et un avocat russe, Alexander Mezyayev.

M. Saljic aurait eu la permission d'assister M. Mladic à l'audience en tant que conseiller juridique s'il s'était présenté au TPIY, a assuré M. Jelacic. «Mais il s'est avéré qu'il n'était même pas aux Pays-Bas», a expliqué Nerma Jelacic, la porte-parole du tribunal.

«S'il veut plus tard plaider coupable, il peut le faire», a ajouté la porte-parole. Une audience de procédure devra être organisée d'ici trois mois, comme le prévoit le règlement du tribunal.

Arrêté le 26 mai en Serbie et extradé vers La Haye après avoir échappé à la justice pendant seize ans, l'ex-général est inculpé pour le siège de Sarajevo, qui a duré 43 mois pendant la guerre de Bosnie, et pour le massacre de 8000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica durant l'été 1995.

Des gens manifestent

Trois cents personnes environ, répondant à l'appel des organisations des victimes de crimes de guerre, ont regardé lundi sur une place publique de Sarajevo la retransmission en direct de la comparution de Ratko Mladic devant le TPIY. Tous souhaitent que justice soit faite rapidement.

Les organisateurs avaient misé, dans différentes déclarations aux médias bosniaques, sur la présence de vingt mille personnes.

«Nous n'avons pas le droit d'oublier les enfants dont la vie a été interrompue par la violence alors qu'ils ne demandaient qu'à vivre. Nous voulons la justice!», a déclaré Bahra Hodzic, une responsable de l'association des parents d'enfants tués dans le siège de Sarajevo (1992-1995).

Durant le siège de la capitale bosnienne, environ 10'000 civils, dont 1500 enfants, ont été tués dans les bombardements et par des tirs de francs-tireurs des forces serbes de Bosnie, sous le commandement de Ratko Mladic. Arrêté fin mai en Serbie, M. Mladic a refusé, lors de sa deuxième comparution devant le TPIY, de plaider coupable ou non coupable.

«Mes hommes ont été tués en un jour»

«Salaud!», s'est écriée une femme lorsque Ratko Mladic est entré dans la salle d'audience. Quelques minutes plus tard, lorsque le juge Alfons Orie a demandé à ce que M. Mladic soit évacué de la salle, pour lui avoir à plusieurs reprises coupé la parole, quelques applaudissements ont retenti. Mais c'est bien l'amertume qui prévalait chez beaucoup.

«Je suis venue pour la mémoire de mes deux fils et de mon mari, tués au début de la guerre à Rogatica. Mais je ne peux pas regarder ça, ce n'est pas juste. Mladic a tout le temps pour se défendre, mes hommes ont été tués en un jour», lâche Emira Hadzic, en larmes.

«Le monde ne devrait pas lui permettre de jouer comme ça avec la justice, de provoquer la cour et les victimes. Je me sens humilié», a déclaré Fikret Alic, 42 ans, un ancien détenu des camps de détention de la région de Prijedor, au nord-ouest de la Bosnie. (ap/afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!