Paris: Mobilisation en demi-teinte pour la défense de l'Education
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ParisMobilisation en demi-teinte pour la défense de l'Education

Le mouvement de grève contre les suppressions de postes et les modalités de réforme à l'Education nationale n'a pas fortement mobilisé, mardi, avec entre 11,5% et un tiers de grévistes, selon les sources, sur fond de divisions syndicales.

La FSU, premier syndicat de l'Education nationale, la CGT et Sud, étaient à l'origine de ce mot d'ordre, une journée également marquée par des manifestations dans plusieurs villes, parfois communes avec les postiers -notamment à Paris- qui dénoncent l'ouverture du capital et le changement de statut de leur entreprise.

Dans la capitale, le cortège a rassemblé 8.000 personnes, selon la Fédération syndicale unitaire (FSU), 2.900 selon la police.

La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), et le syndicat étudiant UNEF, très remonté contre la réforme de la formation des maîtres, avaient appelé à se joindre au mouvement.

L'Union nationale des étudiants de France (UNEF) propose d'ailleurs pour vendredi une réunion intersyndicale aux principaux syndicats de l'Education et de l'Enseignement supérieur, en vue d'une éventuelle mobilisation sur cette question spécifique.

Mais l'organisation de cette rencontre semble rencontrer des difficultés. Dans un courrier adressé à la direction de l'UNEF, le SGEN-CFDT et plusieurs syndicats de l'UNSA estiment notamment que «les objectifs d'une telle réunion doivent être clarifiés».

En moyenne nationale, l'appel à la grève dans l'Education a été suivi par 11,57% des enseignants, selon les chiffres du ministère de l'Education, et par un «gros tiers», selon la FSU.

Le SNES-FSU, principal syndicat des collèges et lycées, a affirmé de son côté que le mouvement avait été suivi par quelque 40% des personnels dans le second degré, dénonçant dans un communiqué la méthode de calcul du ministère qui «minore scandaleusement les taux de grévistes».

Le syndicat a notamment expliqué que «les rectorats ne prennent en compte que les grévistes constatés à 8h», et que «tout collègue prenant son service plus tard dans la journée (...) est alors d'office considéré comme non-gréviste, qu'il se présente ultérieurement à son poste ou non». Par ailleurs, «ce nombre de grévistes est ensuite rapporté à l'ensemble des personnels, qu'ils soient en exercice ou non, qu'ils soient appelés à faire grève ou non», selon le SNES.

Dans la rue, plusieurs milliers d'enseignants, d'étudiants et de lycéens, ont défilé mardi après-midi à Paris entre le RER Port Royal et le quartier des Invalides, derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire: «Système éducatif, emplois, salaires, conditions de travail: l'Ecole est asphyxiée, stop!».

Dans le collimateur des manifestants, les 16.000 nouvelles suppressions de postes prévues en 2010, le manque de moyens, et les modalités de réforme du lycée et de la formation des maîtres.

«Nous sommes contre les réformes qui ne sont pas concertées», a déclaré à l'Associated Press le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.

A Toulouse, 700 enseignants selon la police, 1.500 selon les organisateurs, ont défilé mardi matin derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire «Service public d'éducation. Non à la casse».

Aux cris de «assez de cadeaux pour les seigneurs d'en haut, assez de coups bas pour le peuple d'en bas», ou encore «du fric, du fric pour le service public», les enseignants ont dans le calme rejoint en fin de matinée le cortège formé par les postiers au nombre de 300 selon la police, 400 selon les syndicats.

Pour Gérard Aschieri, même si la grève de mardi n'a pas été «majoritaire, c'est un coup de semonce. Il y a là une base de contestation significative».

«J'appelle le ministre à percevoir ça», a-t-il ajouté, «car s'il n'en tient pas compte, il y a une base suffisante pour se poser la question des suites». AP

god/xsom1/sb (ap)

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