Actualisé 17.05.2016 à 11:49

Votations 5 juinMobilité, fiscalité et logement soumis aux Genevois

Les citoyens devront se prononcer sur le principe d'une grande traversée autoroutière du lac ainsi que sur la place des transports publics dans le trafic.

photo: Kein Anbieter

A Genève, la mobilité constitue l'enjeu principal des cinq votations cantonales du 5 juin. Les électeurs devront se déterminer sur le principe d'une grande traversée autoroutière du lac. Ils auront aussi à se prononcer sur la place des transports publics dans le trafic.

L'idée d'un pont ou d'un tunnel lacustre a été remise au goût du jour par la droite et les milieux économiques. Pour les partisans du projet, qui ont le soutien du Conseil d'Etat, l'infrastructure permettra de boucler la ceinture autoroutière, dotant ainsi Genève d'un véritable périphérique qui permettra de désengorger le centre-ville.

Le financement d'une telle infrastructure, qui coûterait environ 3 milliards de francs, est encore flou. Un partenariat public-privé est évoqué, de même que l'instauration d'un péage. Une participation de la Confédération est espérée, même si une telle aide reste hypothétique.

La gauche est unanime à combattre cette traversée du lac, qu'elle qualifie de projet du passé. Selon elle, l'infrastructure attirera de nouvelles voitures et ne contribuera pas à améliorer la circulation en ville. Un tel investissement serait en outre difficilement supportable par des finances cantonales fragiles.

Compromis «historique»

Les Genevois devront aussi voter le 5 juin sur les transports publics et la priorité qu'ils veulent leur donner dans le trafic. Une initiative des Verts, soutenue par le reste de la gauche, réclame des transports publics plus rapides, grâce à une reprogrammation des feux de circulation et l'aménagement de voies spécifiques.

Les Verts rappellent que les Transports publics genevois (TPG) sont les plus lents des villes suisses. Souvent, les bus et les trams se retrouvent coincés dans les bouchons. L'amélioration de la vitesse commerciale rendra les TPG plus attractifs et leur fera gagner des clients.

Pour le gouvernement et la droite, cette initiative oublie les autres modes de transport. D'où l'élaboration d'un contreprojet destiné à pacifier la mobilité genevoise, qualifié de compromis «historique». Ce texte, qui englobe la traversée lacustre, fixe des priorités différentes selon les zones du canton. Il accorde la priorité aux TPG et à la mobilité douce en zones urbaines seulement.

Forfaits fiscaux

Les électeurs devront aussi voter sur une modification de la loi portant sur les forfaits fiscaux. Ce régime est accordé aux riches contribuables étrangers établis à Genève. Ils se voient imposés d'après leurs dépenses et non d'après leurs revenus et fortune. Le but est ici d'adapter la loi cantonale à la législation fédérale.

La gauche a lancé un référendum contre la modification de la loi proposée par l'Exécutif. Elle estime que le seuil de 400'000 francs de dépenses annuelles fixé pour pouvoir bénéficier du forfait fiscal n'est pas assez élevé et ne rapporte donc pas assez à l'Etat. L'objectif du référendum est de contraindre le Conseil d'Etat à revoir sa copie pour augmenter les recettes fiscales.

Le dernier objet cantonal sur lequel les Genevois sont appelés à se déterminer concerne le logement. La loi a été modifiée pour permettre à un locataire d'acheter plus facilement l'appartement dans lequel il vit. La réforme est combattue par la gauche, qui craint le retour des «congés-ventes», cette manière de résilier facilement le bail de location.

Contre les coupes

En Ville de Genève, les électeurs devront pour leur part se déterminer sur les mesures d'économies figurant dans le budget municipal 2016 et contre lesquelles deux référendums ont été lancés. D'un montant total de 7 millions de francs environ, les coupes dans les subventions touchent essentiellement la culture, les associations et le social. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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