Mode à Paris: retour aux Eighties

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Mode à Paris: retour aux Eighties

La semaine des défilés de prêt-à-porter s'est achevée dimanche avec, pour le printemps/été 2008, plusieurs retours remarqués vers l'esprit des années 80.

Le Britannique John Galliano pour Dior a revisité l'Age d'or hollywoodien, qu'il peuple de starlettes de séries B, en costumes trois-pièces, ou gilets portés à même le corps. Le masculin-féminin fait merveille avec un retour en force du tailleur pantalon, du combi-short, de la veste cintrée ou du costume de banquier à larges bandes verticales. Les tissus, eux, restent essentiellement féminins, mousses et satins de soie, broderie fine, dentelles ou imprimés zèbre.

Vivienne Westwood a retrouvé son esprit contestataire avec «56», sa collection visant à dénoncer un projet gouvernemental britannique visant à faire passer à 56, le nombre de jours de détention provisoire en cas de suspicion de terrorisme. Chaque invité s'est d'ailleurs vu remettre le manifeste «Résistance active à la Propagande». Également selon son habitude, la créatrice bouscule la silhouette féminine, qu'elle redessine en déplaçant les pinces, ou dont elle efface les hanches, l'enveloppant dans de larges drapés. Cette déconstruction en règle s'accompagne -et c'est rare- de couleurs neutres, blanc cassé, gris, noir ou de quelques touches de jaune, vert orange et bleu ou parme. A noter quelques pimpantes mini-robes bustier pour le glamour et des indémodables «faux-culs « pour une sophistication toute britannique.

Pour Marithé & François Girbaud, le vestiaire de la saison prochaine se fait plus urbain que jamais, mais avec l'esprit écolo en plus. Les jeans usés et délavés au Laser sont dans les tons gris et les imperméables, comme les T-shirts en maille, qu'on porte directement sur une robe, semblent convenir tant aux femmes qu'aux hommes, comme ces ceintures à trois rangs sur de larges pantalons à taille haute qui ne sont pas sans rappeler le travail que présentait le couple de créateurs dès le début des années 80, en pleine période «new-wave».

Pour sa dernière collection signée de son nom en prêt-à-porter, Valentino a eu droit à une ovation debout. Une fois encore le couturier, couchou des stars, propose une garde-robe de princesse à larges feuilletages de soie garnissant cous et poignets, longues à traînes ou courtes en «drapé liquide», mousseline ou tulle rebrodé. Le rose et la rose dominent: la fleur, symbole de l'amour éternel est présente sur toute une série de modèles, rebrodée, pailletée, à volant ou sobrement nouée.

Karl Lagerfeld (pour sa propre marque) s'est réapproprié les codes fondamentaux des années 80 aux modèles angulaires. Des losanges noirs et blancs floquent ses vestes. Ses jupes courtes mais bouffantes se portent sur des leggings de tulle noir jouant la transparence. Transparence encore avec ses superpositions de robes T-shirts et de mini tops aux couleurs acidulés que tempère, là encore, un voile de tulle noir.

Autre retour vers l'Amérique chez Christian Lacroix, dont les fines silhouettes à la taille cintrée, les robes-crayon à manches ballon et les jupes droites illumineront la prochaine saison. Si le styliste arlésien a une maîtrise prouvée de la couleur, il excelle aussi dans le «tye and dye», qui mouchette la plupart des modèles, comme l'aurait fait le pinceau d'un artiste. A noter l'omniprésence de bibis, turbans, ombrelles et foulards de soie: le créateur s'étant entre autres dit inspiré par les aquarelles de Marie Laurencin.

Pour Yves Saint Laurent, Stefano Pilati joue la carte d'une certaine efficacité. En témoigne une veste bleu marine largement épaulée à fermeture croisée -fleurant bon les années 80-, portée sur une ample jupe fluide asymétrique. Sobriété en revanche pour cette sobre robe bustier en molleton gris ou pour ces larges pantalons, masculins taille haute, portés ton sur ton avec des chemises, majoritairement blanc cassé et bleu marine. Un vestiaire qui devrait donner à la femme Saint Laurent de l'été prochain une allure oscillant entre esprit militaire et sportswear chic. (ap)

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