Actualisé 07.11.2008 à 12:38

Prêtres soupçonnés d'abus sexuels

Modeste bilan de la Commission SOS Prévention

Instituée par l'Evêché de Lausanne, Genève et Fribourg en février dernier afin de recueillir les doléances de victimes d'abus sexuels de prêtres, la Commission SOS Prévention a livré vendredi un premier bilan.

Elle s'est surtout avérée un lieu d'écoute pour des faits anciens. Ce n'est pas peu selon ses membres. «Le fait d'être reconnue comme victime est déjà extrêmement important», a dit le vice-président de la commission Me Jacques Meyer.

Ceux qui attendaient que la commission débusque un certain nombre de cas non prescrits, peuvent penser que la montagne a accouché d'une souris. «Nous ne sommes pas des détectives», a dit sa présidente, l'ex-juge d'instruction Françoise Morvant. Selon elle, la commission est un nouveau lieu pour s'exprimer et raconter un passé souvent très douloureux. «Après neuf mois, la commission est ce que nous voulions qu'elle soit».

Les cinq membres de la commission, dont un psychiatre, un père dominicain, deux ex-juges d'instruction et un avocat, ont examiné 28 situations. Une dizaine de cas ont été transmis à cette commission par Mgr Bernard Genoud.

«Ultra-prescrits»

L'importance de ces cas est diverse: abus sexuels, maltraitance ou manquements aux devoirs ecclésiastiques, tels par exemple que le devoir de discrétion ou de prudence. Dans la très grande majorité des cas, les auteurs présumés sont décédés. Dans la quasi-totalité des situations, les faits sont prescrits, «voire ultra-prescrits».

Ne restent que deux cas très récents dont un, peu clair, concernant éventuellement un manquement aux devoirs ecclésiastiques et un autre sur lequel la commission ne dispose pas encore d'informations de première main.

Deux cas prescrits ont été signalés à la justice, car ils pourraient éclairer deux affaires, celle du capucin et du prêtre, dont le dossier pénal vient d'être transmis par la justice fribourgeoise à Neuchâtel. (ats)

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