16.10.2020 à 06:08

Genève«Moi je me montre pas avec la boule à zéro»

À l’occasion du mois du cancer du sein, Murielle Volo, prothésiste capillaire, nous a accueillis au centre OTIUM, où elle avait rendez-vous avec Patricia pour tester de nouvelles chevelures.

de
Leila Hussein
lhu

«Les 90% des femmes et des hommes appréhendent la perte des cheveux. Certaines maladies ne se voient pas physiquement, mais avec le cancer, la chute des cheveux affiche la maladie», confie Murielle Volo, prothésiste capillaire au centre Otium et au studio total look. Celle qui accompagne des personnes atteintes du cancer depuis douze ans évoque l’importance de la préparation mentale: «On fait en sorte que les malades acceptent de se délester de leurs cheveux quand ils devront tomber. On essaie de rendre ce moment le plus doux possible.»

Patricia, atteinte d’un cancer depuis 2018, en est à sa deuxième prothèse. Alors que sa couleur naturelle est le blond, cette fois elle a décidé de changer et a opté pour une chevelure cuivré rouge. Pour Patricia, qui a connu un grand nombre d’effets secondaires liés aux divers traitements qu’elle a suivis, la perte des cheveux n’est pas ce qu’il y a de pire. «Je l’ai vécue sans me faire trop de souci. Je savais que ça allait repousser. Mais je suis quand même plus à l’aise avec un bonnet, un turban ou une perruque. Je ne me montre pas avec la boule à zéro. J’ai toujours quelque chose sur la tête.»

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La Fondation Otium

«Fin 2011, on m’a diagnostiqué un cancer du sein, déclare Linda Kamal, directrice. Autant dire que l’année 2012 a été faite de traitements. J’ai réalisé qu’il me manquait quelque chose. Tous les soins existaient, mais il fallait faire le tour de la ville pour y accéder.» C’est à partir de cette réflexion personnelle qu’elle a fondé il y a deux ans le centre Otium, seul lieu à Genève qui propose un programme complet de réadaptation oncologique. Cette Fondation, à but non lucratif, qui vit uniquement de dons privés, réunit plus de trente-cinq thérapies et une trentaine de thérapeutes et offre une vingtaine de cours, allant du yoga, au Pilates, en passant par l’autohypnose. «J’ai mis six ans à réaliser cette structure. Depuis sa création, le centre a accueilli 1100 patients, aussi bien des femmes, des hommes, que des enfants et ce quel que soit le cancer. L’idée était d’avoir un lieu adapté à tout le monde, sans que les ressources de chacun interviennent. La plupart des traitements sont remboursés par l’assurance complémentaire, voire la LAMal. C’est notamment le cas des prothèses capillaires, qui coûtent jusqu’à 1500 francs. Mais si une personne est dans le besoin, nos thérapeutes donnent aussi de leur temps pour des consultations gratuites.»

«Octobre rose»

À l’occasion d’«Octobre rose», le mois du cancer du sein, Murielle Volo a donné mardi un atelier ouvert aux personnes concernées par le cancer pour présenter les différentes options capillaires qui s’offrent à elles. Cette rencontre virtuelle, organisée notamment par les Hôpitaux universitaires de Genève et l’Hôpital de La Tour, s’inscrit dans le cadre d’un programme d’événements pour sensibiliser la population à cette maladie. Depuis le début du mois, des ateliers, des vidéos et des témoignages sont proposés avec un accent mis sur l’impact des traitements sur l’apparence physique des personnes malades, tel que la perte de cheveux et des sourcils, l’ablation partielle ou totale des seins. Différentes méthodes, soins et techniques pour s’occuper de soi et accepter son nouveau corps sont présentés.

Le cancer du sein en chiffres

En Suisse, le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme. Plus de 6000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année et plus de 1400 femmes en décèdent. Une femme sur huit sera concernée au cours de sa vie par cette maladie. Aujourd’hui, le taux de survie à cinq ans d’une femme ou d’un homme touchés par un cancer du sein s’élève à 87%.

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