Valais: Moins de demandes pour le marché immobilier
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ValaisMoins de demandes pour le marché immobilier

Le marché immobilier valaisan approche d'une période charnière. Très dynamique ces dernières années, il pourrait connaître un inversement de tendances.

Le ralentissement constaté dans le marché immobilier valaisan est conforme aux attentes. Mais il n'y a pas de chute de prix, constate M. Hervé Froidevaux, associé au cabinet Wuest & Partner qui a réalisé une étude, présentée mardi. Globalement, la dynamique reste très forte dans le secteur des immeubles locatifs et des propriétés par étage (PPE). Le fléchissement concerne les villas et le segment haut de gamme dans certaines stations.

La croissance de la population, le faible taux d'habitats vacants et les taux d'intérêts bas ont dopé la demande par le passé, précise Pascal Perruchoud, directeur général de la Banque cantonale du Valais (BCVs). Mais l'actuelle remontée du taux de vacance de logements sonne comme un appel à la prudence.

Toujours plus de logements vacants

Sur le marché de la PPE, le taux de logements vacants a atteint 0,99% l'an dernier. Il était de 0,68% en moyenne des dix dernières années. Le Valais affiche un taux deux fois supérieur à celui de la moyenne nationale.

La croissance des prix s'est un peu tassée, mais elle a atteint 1,7% l'an dernier, davantage qu'en moyenne nationale (1,5%) mais un peu moins que la moyenne des dix dernières années (1,9%). La demande de permis de construire reste à la hausse.

Le marché des villas et des maisons individuelles affiche un visage un peu différent. Le taux de logements vacants est de 0,67% contre 0,51% en moyenne décennale. Le taux de construction, qui était de 1,5% entre 2014 et 2013, est tombé à 0,9%. L'évolution des demandes de permis de construire est à la baisse.

Difficile à vendre

L'étude pronostique un ralentissement des prix à court terme. Le niveau des prix demandés est parfois surfait et en même temps l'offre de logement augmente. En 2014, les objets en vente mettaient en moyenne 230 jours pour trouver preneur contre 160 jours en moyenne suisse.

La situation est encore plus difficile pour les objets haut de gamme. La durée d'insertion moyenne était de 303 jours en stations et 250 jours en plaine. Les mêmes objets auraient trouvé preneur en 198 jours en moyenne suisse.

L'exemple de la station de Verbier illustre la situation. Il y a 160 objets immobiliers de plus de 2 millions de francs sur le marché. Un quart d'entre eux l'est depuis plus d'une année, précise M. Froidevaux.

Des prix encore raisonnables

Le niveau raisonnable des prix reste un paramètre rassurant, selon M. Perruchoud. Une villa de 850 mètres cubes avec 600 mètres carrés de terrain coûte 953'000 francs en Valais. En moyenne suisse, le même objet se négocie à 1,22 million de francs.

Un appartement de 110 mètres carrés s'achète 825'000 francs en Valais. Mais les différences sont importantes. Le même appartement vaut 710'000 francs dans le Valais romand, 563'000 francs dans le Haut-Valais, 1 million de francs en station. En moyenne suisse, il faut débourser 939'000 francs pour le même appartement.

Les coûts de location sont aussi plus faibles qu'en moyenne suisse. Dans une ville de la plaine valaisanne, le loyer se situe entre 171 et 194 francs par mètre carré et par année. La moyenne suisse s'établit à 195 francs. Et la hausse des logements vacants a tiré les prix vers le bas depuis le premier semestre 2014.

Moins de propriétaires

Président de la Chambre immobilière valaisanne (CIV), Paul-André Roux déplore la péjoration des conditions-cadre touchant à la propriété. Les conditions d'emprunts sont de plus en plus drastiques, le droit du bail est insatisfaisant et la fiscalité immobilière toujours plus gourmande.

Mais globalement, la proportion de Valaisans propriétaires de leur logement tend à diminuer. Elle était de 62,4% en 2000, elle est actuellement de 57,5%.

L'étude sur le marché immobilier est réalisée sur mandat de la BCVs et de la CIV. Les deux institutions ont lancé cette démarche l'an dernier et compte la renouveler l'an prochain pour obtenir un diagnostic et mesurer l'évolution du marché. (ats)

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