Suisse: Moins de fauteuils et des salles plus petites

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SuisseMoins de fauteuils et des salles plus petites

Les salles suisses de cinéma ont enregistré leur plus mauvais score l'an dernier.

En quarante ans, le nombre de cinémas et de fauteuils a été divisé par deux tandis que les salles sont toujours plus petites.

Les derniers développements techniques expliquent ce recul, a relevé Olivier Möschler, responsable du domaine «culture» à l'Office fédéral de la statistique, revenant sur une information publiée par l'hebdomadaire «Domaine Public». «Mais même si la fréquentation l'an dernier est la plus basse jamais enregistrée, la chute initiale s'est produite entre 1980 et 1990 quand on est passé de près de 21 millions de spectateurs à 13-15 millions. Depuis la fréquentation végète.»

Conséquence logique, les cinémas sont deux fois moins nombreux, passant de 568 à 272 entre 1970 et 2013. Le nombre des fauteuils a aussi été divisé par deux, dégringolant de 207'820 à 101'797.

La quantité de salles reste elle identique, oscillant entre 568 à 533 avec un creux enregistré en 1990 à 383. Ce qui indique que leur taille a drastiquement diminué: «plus personne ne veut gérer une salle de 1000 places», a poursuivi le sociologue.

Romands cinéphiles

D'autres informations peuvent être tirées des abondantes statistiques de l'OFS en matière de cinéma. Les Romands par exemple vont davantage au cinéma que les Alémaniques. L'an dernier, les Alémaniques ont vu en moyenne 1,6 film par habitant contre 2,1 chez les Romands. Trente ans plus tôt, c'était 2,5 contre 3,7.

Quant aux plus grands succès du cinéma suisse depuis 1976 - données aussi disponibles sur le site de l'OFS -, on ne trouve que trois films romands parmi les 30 premiers: «Les petites fugues» d'Yves Yersin à la 5e place, «La Dentellière» de Daniel Goretta à la 13e et «Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000» d'Alain Tanner à la 26e place. Ces trois films ont été tournés avant 1980 alors que quatorze des films alémaniques situés aux 30 premières places l'ont été après l'an 2000.

«Faiseurs de Suisses» toujours en tête

«Les Faiseurs de Suisses» de Rolf Lyssy arrive à la première place. «Grounding» de Michael Steiner et Tobias Fuerter, qui raconte la fin de Swissair dans un docufiction, se place en 6e position. La plupart des succès alémaniques ne sont pas connus en Suisse romande, car ils n'y ont été diffusés que de façon confidentielle ou ne l'ont pas été du tout.

Quant à la relève romande du cinéma suisse, Jean-Stéphane Bron, Fernand Melgar, Ursula Meier ou Lionel Baier, les chiffres des entrées restent bas. Et même si leurs films sont diffusés à Paris ou sont primés dans les festivals, ils ne franchissent pas facilement la Sarine, sauf exception. (ats)

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