23.10.2020 à 17:25

LausanneMoins de plaintes autour du quartier de la prostitution

La cohabitation entre les différents usagers de la zone de prostitution à Lausanne se passe mieux suite à son redimensionnement en 2018, estime la municipalité dans un communiqué publié ce vendredi.

En 2018, Lausanne a réduit la zone dévolue à la prostitution dans le quartier de Sévelin, près du centre-ville.

En 2018, Lausanne a réduit la zone dévolue à la prostitution dans le quartier de Sévelin, près du centre-ville.

KEYSTONE

Lausanne tire un bilan plutôt positif des mesures prises il y a deux ans lors du redimensionnement de sa zone de prostitution de rue. La ville estime que la cohabitation avec les différents usagers du quartier se passe mieux qu’avant. Pour l’association Fleur de Pavé, les conditions de travail des prostituées restent insatisfaisantes.

Pour la ville, la convivialité diurne et nocturne du quartier s’est accrue. Les plaintes sont moins nombreuses. «L’espace public a gagné en qualité», écrit-elle vendredi un communiqué.

En 2018, Lausanne a réduit la zone dévolue à la prostitution dans le quartier de Sévelin, près du centre-ville. Ce quartier, autrefois industriel, accueille désormais des logements, des bureaux, un gymnase et divers lieux culturels. Et sa mue va se poursuivre, notamment avec la plantation de près de 160 arbres.

Craintes

Certaines associations craignaient que cette réduction de périmètre n’entraîne des difficultés supplémentaires pour les travailleuses et travailleurs du sexe. «Cela ne s’est pas concrétisé, de notre point de vue», a expliqué à Keystone-ATS Pierre-Antoine Hildbrand.

Le municipal reconnaît que «la situation de la prostitution reste compliquée». Il y a moins de passes en rue. De nouvelles habitudes sont apparues, comme la prise de contact par internet – plutôt que sur le terrain –, ce qui complique la tâche des associations.

Le suivi des professionnels du sexe doit se poursuivre grâce au «travail important» mené par Fleur de Pavé et par les services concernés, note la ville. Mais la situation est encore appelée à évoluer.

Nouvelle loi

La nouvelle loi sur l’exercice de la prostitution va bientôt entrer en vigueur, à une date non encore connue. Cette loi cantonale introduit une obligation d’annonce pour les travailleurs du sexe et un régime d’autorisation pour les salons. «Cela devrait nous permettre de mieux connaître le phénomène et aussi de faciliter le démantèlement des réseaux», espère Pierre-Antoine Hildbrand.

«Elle inclut aussi, et c’est très important pour nous, une obligation d’information», ajoute Silvia Pongelli, directrice de Fleur de Pavé. L’expérience genevoise montre que cela permet aux associations de faire de la prévention auprès d’un nouveau «public» et d’informer les prostituées au tout début de leur parcours.

«Un lieu safe»

Silvia Pongelli se réjouit que la cohabitation avec le quartier se passe mieux. Mais elle rappelle que les conditions de travail des travailleurs du sexe restent «précaires» et pointe du doigt la fermeture des salons de massage de la rue de Genève 85 en 2014.

Fleur de Pavé demande que «les prostituées de rue puissent avoir un lieu où elles puissent se rendre avec leur client». «Il faut leur proposer un lieu safe», martèle Silvia Pongelli.

Elle explique que la prostitution de rue a connu un recul, mais que la situation est désormais stabilisée. «D’autres villes connaissent la même évolution», explique-t-elle.

La question spécifique des lieux de passes sera reconsidérée une fois que les modalités d’exécution de la LPros seront précisées, écrit la ville dans son communiqué. «Nous n’avons pas vocation à devenir tenancier de maison close, mais on nous demande de réfléchir à des solutions», explique Pierre-Antoine Hildbrand.

«Il faut travailler ensemble», ajoute Silvia Pongelli. Ce lieu pourrait être géré par une fondation, par exemple, glisse-t-elle.

(ATS/NXP)

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