Moins de taxes sur les technologies vertes
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Moins de taxes sur les technologies vertes

La conseillère fédérale Doris Leuthard souhaite réduire ou supprimer les tarifs douaniers sur les technologies «vertes». Elle soutient une initiative dans ce sens présentée à la conférence de Bali.

Cette liste contient 153 biens produits de manière respectueuse de l'environnement. Une élimination des taxes à l'importation sur ces produits devrait se faire dans le cadre des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a déclaré Mme Leuthard lundi dans des interviews au «Tages-Anzeiger» et au «Bund».

Les pays en voie de développement ont besoin de technologies à des prix «abordables» qui leur permettent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, a-t-elle expliqué.

La Suisse a elle aussi tout intérêt à voir cette proposition se concrétiser, selon la cheffe du Département fédéral de l'économie (DFE). «Il y aura un marché en pleine croissance et l'économie suisse peut en profiter», a-t-elle souligné.

Aller vite

La proposition de l'UE et des Etats-Unis est contestée par plusieurs pays en développement, dont le Brésil. Brasilia dénonce le fait que les biocarburants ne fassent pas partie de cette liste.

Mme Leuthard a confirmé que les biocarburants étaient contestés, tout comme d'autres produits. Mais cela ne doit pas empêcher d'aller vite. «Au lieu de discuter longuement», il est possible de commencer par réduire les tarifs douaniers sur «60 à 70 produits incontestés», a-t-elle déclaré.

Emissions à réduire

La ministre de l'économie souhaite par ailleurs assouplir la règle fixée par le protocole de Kyoto, selon laquelle au moins la moitié des réductions d'émissions de gaz à effet de serre doivent être réalisées dans le pays. Contrairement à son collègue Moritz Leuenberger, elle souhaite pouvoir porter à plus de 50 % la part issue de certificats d'émissions achetés à l'étranger.

Selon elle, cette règle complique la tâche de la Suisse. «Pour l'UE, qui dispose de nombreuses centrales à charbon, il est plus facile de réduire de 20 % les émissions de CO2. Pour la Suisse, qui a relativement peu d'émissions, cela est beaucoup plus coûteux», affirme-t-elle.

Mme Leuthard s'oppose également au patron de la Convention de l'ONU sur le climat, Yvo de Boer, qui a exhorté les Etats à soumettre l'économie à la politique climatique. A ses yeux, «le commerce permet de lutter contre la pauvreté».

«De nombreux pays en développement disent avec raison que s'ils arrivaient à un certain niveau de vie, ils pourraient satisfaire les règles écologiques des pays riches», dit-elle. (ats)

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