Mondial 2018: Molle et sans idées, la Nati s'est ratée
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Mondial 2018Molle et sans idées, la Nati s'est ratée

La Suisse n'a pas su se montrer à la hauteur de l'événement, mardi à Saint-Pétersbourg. C'est la Suède qui sera en quarts.

par
Yvan Mulone

Il y a des défaites qui font mal en raison de leur scénario cruel, comme celle du Japon, battu in extremis par la Belgique lundi soir au terme d'un combat épique entre deux ­formations qui n'ont jamais ­refusé de se livrer. Celles-là, avec le recul, peuvent doper l'auto-estime des vaincus.

Et il y a des défaites qui font mal en raison du sentiment d'inachevé qui en résulte, lorsqu'on passe à côté, qu'on balbutie son jeu et qu'on s'englue dans une certaine forme de timidité au moment où il faudrait se sublimer. Celles-là peuvent laisser des traces. Ce sera le cas de ce 8e de finale raté, cette énième défaite en match à élimination directe d'une Suisse qui n'a encore jamais pu briser ce signe indien.

Oui, la Nati pouvait faire mieux mardi, face à une Suède qui ne lui était pas supérieure, sauf peut-être dans le jeu aérien (les 11 corners suisses n'ont donné qu'un seul un tir). Trop lente, pas assez déterminée ni créative, elle s'est heurtée à un mur jaune et bleu toujours prompt à dégainer un pied ou un buste pour contrer les frappes helvétiques, quand celles-ci ne s'envolaient pas au loin. Et puisque la malchance s'en est mêlée, sous la forme d'une déviation d'Akanji sur le tir victorieux de Forsberg, il ne reste plus qu'à faire ses valises, la tête emplie de regrets. Avec le sentiment d'avoir pu, d'avoir dû faire mieux que cela. Rageant.

Frustrant

Les équipes se sont évertuées à annihiler le jeu adverse plutôt qu'à construire le leur. Résultat: un spectacle pauvre. Ekdal, Zuber, Xhaka et Dzemaili ont vu leurs essais filer au-dessus du but. Berg, lui, a su cadrer un envoi dangereux, détourné par Sommer (28e). La 2e période a démarré sur le même registre. Mais à la 66e, Forsberg, trop seul à 18m, a vu son tir dévié par Akanji tromper Sommer (1-0). Les entrées d'Embolo (tête sauvée par Forsberg, 79e) et de Seferovic (tête arrêtée par Olsen, 91e) n'y ont rien fait: ce qu'a montré la Suisse hier était insuffisant.

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