Otage romand en Libye: «Mon époux se sent injustement condamné»
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Otage romand en Libye«Mon époux se sent injustement condamné»

Bruna Hamdani, l'épouse d'un des otages suisses retenus en Libye, a indiqué vendredi que son mari a reçu un coup au moral en apprenant sa condamnation à 16 mois de prison ferme par la justice libyenne.

Mme Hamdani participait, devant la gare de Cornavin, à une action de solidarité avec les otages suisses mise sur pied par Amnesty International. Elle distribuait aux passants des cartes postales représentant deux bougies surmontées du message «A bientôt en Suisse!».

Ces cartes sont à envoyer à l'ambassade de Suisse en Libye, où se trouvent actuellement réfugiés les deux ressortissants helvétiques. Mme Hamdani s'est dit persuadée que cette action apportera du réconfort à son mari et à son compagnon d'infortune. Ces derniers en auront bien besoin, car ils sont «découragés».

«Mon époux se sent injustement condamné», a poursuivi Mme Hamdani. Etant double-national tunisien et suisse, il peut séjourner un mois en Libye sans visa. Or, il n'a jamais été dans ce pays «plus de quatre à cinq jours d'affilée». Il a pourtant écopé d'une peine de prison ferme pour «violation des règles sur les visas».

Selon Mme Hamdani, tant son mari Rachid que Max Göldi «voulaient participer au développement de la Libye». Ce ne sont pas des hommes d'affaires sans scrupule dont l'unique but était de faire fortune dans ce pays. Mme Hamdani s'est déclarée touchée par la solidarité de la population suisse à son égard. «Je vois le soutien».

Amnesty International est en relation avec les proches des deux otages depuis un bout de temps. L'organisation humanitaire attendait juste l'accord des familles pour entrer en scène. La condamnation des deux otages a été l'élément déclencheur, a fait savoir Denise Graf, coordinatrice auprès de l'ONG.

Des contacts utiles

Amnesty International dispose de contacts en Libye, notamment auprès de la Fondation Kadhafi pour les droits humains. Grâce à elle, «nous avons pu faire sortir 88 personnes des geôles libyennes», a relevé Mme Graf. L'ONG a également pu visiter en mai dernier des prisons.

En Libye, les conditions de détention sont difficiles. Les prisons sont souvent surpeuplées et l'hygiène est très mauvaise, a noté Mme Graf. Les détenus subissent parfois des mauvais traitements. Au niveau psychologique, les pressions sont aussi énormes. Souvent, les gens ne «savent pas ce qu'on leur reproche».

(ats)

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