«Mon ex-patronne m'a traitée de mal baisée!»
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«Mon ex-patronne m'a traitée de mal baisée!»

A Genève, un couple de femmes homosexuelles viré du jour au lendemain accuse leur ex-employeur d'homophobie.

par
Sabrine Gilliéron

«Vous m'avez trahie. Je ne savais pas que vous viviez en couple!» Delphine assure que c'est un des motifs invoqués par sa patronne lors de son licenciement sur-le-champ. «Depuis, nous sommes sans ressources. Il me reste juste assez d'énergie pour me battre et faire reconnaître la discrimination dont nous avons été victimes», s'insurge sa compagne, Guyslaine, elle aussi mise à la porte de la petite entreprise familiale.

Les faits remontent à mi-septembre. Delphine et Guyslaine, employées temporaires, sont virées à deux jours d'intervalle. Les patrons de la société, ainsi que la société de travail temporaire réfutent en bloc les accusations d'homophobie. «Nous ne les avons pas licenciées à cause de leur orientation sexuelle, mais parce qu'elles ne faisaient pas leur travail correctement.» Delphine corrige: «Deux semaines avant mon licenciement, j'ai reçu une augmentation de salaire.»

«Pour nous, l'affaire est classée, affirme Sylvie Cristina-Reichling, secrétaire syndicale d'Unia. Elles ne travaillaient pas depuis longtemps dans l'entreprise, et elles ont reçu des indemnités de la boîte d'intérim. Nous n'avons donc pas les outils juridiques pour aller plus loin.»

Malgré tout, atteintes dans leur intégrité, les deux femmes sont prêtes à se battre. Elles exigent des indemnités pour discrimination et non-respect de la personnalité de la part de l'entreprise familiale. En cas de refus, elles sont décidées à porter l'affaire devant les prud'hommes.

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