Genève: «Mon fils se fait frapper à l'école et rien ne change!»
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Genève«Mon fils se fait frapper à l'école et rien ne change!»

Un père dénonce le manque de réactions de l'école, selon lui, face aux brutalités dont son fils est victime de la part d'élèves. Le DIP s'explique.

par
David Ramseyer
photo: Kein Anbieter

«Depuis quatre ans, les choses ont empiré. Yvan* se fait frapper et humilier par quelques élèves, je ne veux plus laisser passer cela, ça suffit!», s'insurge Pierre*, papa d'un garçon de 11 ans scolarisé à Hermance. Son fils souffre de troubles de l'attention, il est désormais sous médicaments, et les médecins ont décelé chez lui un quotient intellectuel supérieur à la moyenne. Cela le rend «différent» aux yeux d'un petit nombre d'élèves, selon son père, et ceux-ci s'en prennent à lui.

Des rencontres entre parents, enfants, profs, direction, médiateurs et médecins d'école ont eu lieu à plusieurs reprises. «J'ai surtout l'impression que l'école cherche à se couvrir. Dans les faits, rien n'a changé. Je veux des sanctions!» Frappé à la nuque il y a deux mois à la sortie de l'école, son fils a porté une minerve pendant 10 jours. «On ne parle pas ici de petites bagarres habituelles entre élèves. Pour moi, Yvan est victime de harcèlement.»

Un dialogue essentiel

Ni la direction de l'école ni le Département de l'Instruction Publique (DIP) ne souhaitent s'exprimer sur un cas particulier. Ils notent cependant que plusieurs dispositions existent pour parer aux violences entre élèves, même si leur détection n'est pas évidente selon eux. Dans un premier temps, victimes et agresseurs sont convoqués avec le maître et les parents pour établir les faits et poser un diagnostic. «Cela peut déjà résoudre beaucoup de choses», estime Nicole Elliott, directrice d'établissements notamment à Hermance.

Selon la gravité des actes, le coupable peut être exclu quelques heures ou quelques jours de la classe et envoyé dans une autre école. Il doit aussi écrire une lettre d'excuse à sa victime. «Dans tous les cas, un suivi attentif et permanent de la situation est mis en place, insiste Nicole Elliott. Je visite aussi régulièrement les classes pour expliquer les règles de vie aux élèves et les encourager à s'adresser aux enseignants ou à la direction en cas de problèmes.»

Harcèlement sur internet

Au sein du DIP, l'Office médico-pédagogique peut intervenir auprès des élèves sur demande de la direction d'établissement. Il agit principalement sur le volet psychologique. Le Service de la santé et de l'enfance effectue régulièrement de la prévention dans les classes. May Piaget, coordinatrice du dispositif transversal «vie et climat scolaire» souligne enfin que «le Département est engagé dans la lutte contre toutes les formes de violences et de discrimination. La plus répandue aujourd'hui est le harcèlement, violence qui se poursuit sur les réseaux sociaux. Le DIP va d'ailleurs bientôt communiquer sur le sujet.»

*Prénoms d'emprunt

Les coups sont plus violents qu'avant

Le nombre de cas de violence recensés à l'école reste stable, assure le DIP. "Par contre, lorsqu'ils surviennent, ils sont plus graves que par le passé", note-t-il. Durant l'année scolaire 2014-2015, moins de 5 élèves sur 1000 ont été officiellement exposés à un acte de violence visible (coups, bagarres, insultes) dans les établissement primaires, secondaire et post-obligatoire du canton. Ce chiffre ne comprend pas les cas de harcèlement, soit des actes agressifs, intentionnels mais surtout répétés. Dans ce domaine à Genève, une enquête en 2012 montrait que 6% des élèves étaient concernés. Un chiffre qui se situait dans la moyenne suisse et européenne.

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