Grève à Yverdon-les-Bains (VD) – «Mon salaire horaire chez Smood ne dépasse pas 10 francs»

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Grève à Yverdon-les-Bains (VD)«Mon salaire horaire chez Smood ne dépasse pas 10 francs»

Le personnel de la société de livraison a manifesté son ras-le-bol au sujet de leurs conditions de travail qui se dégradent.

par
Jérôme Genet

Une quinzaine de livreurs de l’entreprise suisse ont dénoncé leurs mauvaises conditions de travail.

20min/Gabriel Nista

La tension est montée d’un cran entre les livreurs de Smood et l’entreprise qui les emploie. Un débrayage d’une quinzaine de salariés, venus de plusieurs cantons, a été organisé par Unia ce mardi soir sur la place Bel-Air à Yverdon-les-Bains (notre vidéo ci-dessus). Le syndicat déplore des bas salaires, des frais de déplacement sous-estimés, une redistribution opaque des pourboires et une mauvaise gestion du temps de travail.

«Smood m’avait engagé en me disant: «Ici c’est pas Uber», mais…»

Un livreur en colère

Les salariés doivent, depuis peu, utiliser une application pour accepter des livraisons, sans garantie de courses à faire, donc sans certitude de rémunération. «On m’avait engagé en me disant: «Ici c’est pas Uber», et pourtant… raconte un employé. Le matin, on doit se connecter pour découvrir les plages horaires qui nous sont proposées. C’est premier arrivé premier servi, et si on arrive trop tard ou qu’on n’est pas dans la liste de distribution, tant pis pour nous. Depuis l’arrivée de cette plateforme, je n’arrive plus du tout à faire assez d’heures.»

«J’ai l’impression que la société ne veut embaucher que des gens précaires et pour de petites quantités de travail», témoigne Renan qui n’arrive plus à gagner sa vie et qui, en plus, doit utiliser son véhicule privé. «Après déductions des frais, qui ne sont que très partiellement compensés, mon salaire horaire ne dépasse pas 10 francs», s’énerve-t-il.

Négociations au point mort

Les négociations avec la direction de l’entreprise de livraison de repas n’ont pas abouti. «Sur leur dernière fiche de salaire, il manque des heures, des pourboires et des vacances», précise Aymen Belhadj, secrétaire syndical transport-logistique chez Unia Vaud. Soutenu par Unia, le personnel exige le paiement des heures supplémentaires, le défraiement pour l’utilisation du véhicule privé, un système de planification du temps de travail juste et la fin des pénalités arbitraires.

«Nayant reçu que récemment des revendications concrètes, nous ne pouvons pas prendre position, regrette Luise Kull, Marketing manager de Smood. Nous déplorons ces méthodes qui ne font que créer du conflit et qui sont indignes dun dialogue socialLa porte-parole ajoute que Smood travaille depuis près d’une année de manière constructive avec un autre syndicat qu’Unia sur la revue et l’uniformisation des conditions de travail de ses livreurs, pour l’ensemble de la Suisse. «Plus d’informations à ce sujet suivront», conclut-elle.

Autres régions concernées

Active dans toute la Suisse, la société Smood a été plusieurs fois sous le feu des critiques d’Unia pour des mauvaises conditions de travail. «Des livreurs d’autres régions nous remontent leur énervement au sujet de problèmes similaires», complète Aymen Belhadj. En début d’année, l’entreprise suisse avait déjà été épinglée pour des licenciements prononcés chez son sous-traitant AlloService. Un début de solution avait finalement été trouvé.

Au printemps dernier, des livreurs avaient déjà sollicité l’aide d’Unia pour défendre leurs droits.

Vidéo: Sébastien Anex

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