Actualisé 07.08.2015 à 09:08

Football - Super League

«Mon Xamax, j'aime le voir différemment»

De retour dans le football professionnel, Neuchâtel est encore en apprentissage. Le néo-promu semble trop souvent impressionné par l'adversité

Durer sur la longueur, être dans la continuité année après année: voilà bien une des marques qui caractérisent les grands clubs. Car la vérité d'une saison n'est que très rarement la vérité de l'exercice qui suit. Alors quand, comme Neuchâtel Xamax FCS, une promotion est passée par là, la tâche se complique encore plus.

Digérer le saut et assimiler les nouvelles normes de sa catégorie, cela demande un peu de temps. A fortiori après trois saisons dans les méandres du football amateur, entre 2e ligue interrégionale et Promotion League. Ce Xamax de retour dans le football professionnel est encore en apprentissage.

Et malgré le fait que le contingent rouge et noir est celui qui affiche le plus grands nombre de matches cumulés de Challenge League des dix équipes composant le plateau, le néo-promu est tout simplement impressionné par l'adversité. «C'est vrai», reconnaissait l'entraîneur Roberto Cattilaz juste après la victoire contre le LS (1-0) lors de la 2e journée.

Le bilan parle de lui-même: trois matches, deux défaites, à Schaffhouse en ouverture et contre Wil dimanche dernier. Et le déplacement de dimanche à Wohlen n'offre absolument aucune garantie de succès. Xamax, si dominateur lors des trois saisons passées, évolue désormais dans une catégorie où il n'est encore qu'un nain. «Je sais que Xamax suscite des attentes mais il faut garder les pieds sur terre, insiste Cattilaz. Nous avons le plus petit budget de la Challenge League.»

Rythme, jouerie, mental

Même si tout le monde au club est conscient de la nouvelle réalité, une forme d'inquiétude semble pourtant poindre. Les Neuchâtelois avaient l'habitude d'être la grosse cylindrée et, surtout, avaient l'habitude de pouvoir prendre leur temps pour installer leur football. «Le niveau global est plus élevé, analyse le coach. Surtout en ce qui concerne le rythme et la jouerie. En Challenge League, peut-être y a-t-il au total cinq occasions dans un match et un seul but à la sortie. En Promotion League, même si tu prends un but, tu sais que tu auras encore dix occasions derrière.»

Autre obligation de la 2e division, afficher une volonté irréprochable à chaque instant. «C'est une ligue dans laquelle, si on ne laisse pas ses tripes sur le terrain, on ne fait pas de point. Il faut constamment faire énormément d'efforts car rien n'est facile. C'est essentiellement mental. Si on ne se donne pas à fond tout le temps, cela devient immédiatement compliqué pour nous, comme on l'a constaté à Schaffhouse.»

Un autre Xamax

Alors voilà, pour le moment, ni Roberto Cattilaz ni le président Christian Binggeli ne reconnaissent leur équipe, prédatrice des ligues mineures devenue proie de l'antichambre de l'élite. «Mon Xamax, j'aime le voir différemment, acquiesce sans détour l'entraîneur. On aimerait présenter un autre jeu. Mes joueurs sont capables de beaucoup mieux.»

Pas de quoi néanmoins céder déjà à la panique. Le championnat est encore long et la lutte sera serrée à tous les échelons du classement tant les équipes semblent se tenir de près. Et puis, d'ici à ce que Xamax prenne ses repères, il existe d'autres armes pour ne pas perdre pied et engranger quand même des points. «Des fois, il faut laisser le jeu de côté et plus se concentrer sur les duels», conclut un Roberto Cattilaz qui, comme tous le Neuchâtel Xamax FCS, doit désormais apprendre la patience. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!