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Votations du 10 juin«Monnaie Pleine», c'est quoi?

L'initiative au vote le 10 juin propose de mieux contrôler la création d'argent, et de limiter le pouvoir des banques. Décryptage.

par
Pauline Rumpf

La crise économique de 2008 est encore dans tous les esprits, et pèse encore sur les économies occidentales. Ce traumatisme a créé des volontés de mieux contrôler le système financier, et de lui donner de la stabilité. L'initiative Monnaie Pleine s'attaque donc à la création d'argent.

La BNS seule aux commandes

Comme le veut la Constitution, la Banque nationale suisse (BNS) en détient le monopole pour ce qui est des billets et pièces, mais la monnaie scripturale échappe à ce principe. Or, elle représente désormais 90% de l'argent en circulation. Cet argent virtuel est crée lorsque des banques octroient des crédits.

«Monnaie pleine» expliquée par un initiant

Dans l'idée des initiants, la BNS serait seule aux commandes de la création de monnaie scripturale, autorisant ou non les banques à donner des crédits, et agissant sur la masse totale de cet argent via des subventions à la Confédération ou aux cantons.

Scepticisme et prudence

La quasi-totalité des partis ainsi que des milieux économiques sont sceptiques, craignant que cette solution limite et complique l'obtention de crédits par les clients des banques. Le ministre chargé des finances Ueli Maurer a également exprimé son inquiétude pour l'indépendance de la BNS, qui serait seule aux commandes de la masse monétaire helvétique, et deviendrait donc l'objet des convoitises politiques.

De plus, la proposition est un concept jamais testé ailleurs, et ferait de la Suisse un cobaye, estime l'Association des employés de banque. Des conséquences inattendues risqueraient de mettre à mal la stabilité du pays

La Suisse, laboratoire d'idées

Étudiée par de nombreux économistes, la solution proposée par Monnaie Pleine reste une nouveauté dans le paysage politique. Tout comme le Revenu de base inconditionnel (RBI), rejeté dans les urnes le 5 juin dernier, l'idée est apparue dans le débat par le biai de l'initative populaire, et s'attaque au système économique et financier jugé déficient.

Face à ces innovations, la classe politique reste sceptique. Dans le cas de Monnaie Pleine, la majorité des décideurs estiment suffisantes les mesures prises après la crise de 2008, notamment le paquet «too big to fail», qui exige par exemple que les banques disposent de davantage de capital destiné à absorber les pertes.

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