Nyon (VD): Monsieur devient Suisse, mais Madame est recalée

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Nyon (VD)Monsieur devient Suisse, mais Madame est recalée

La commune a accordé la nationalité à un Italien, mais l'a refusée à sa femme portugaise. Les époux comptent faire recours.

par
Yannick Weber
Le couple dénonce une décision politique et fait appel à un avocat.

Le couple dénonce une décision politique et fait appel à un avocat.

Capture d'écran RTS

«Navrant», pour Salvatore Scanio. «Du gâchis», pour Stéphanie Schmutz, Municipale socialiste et présidente de la commission des naturalisations. L'amertume se fait sentir dans les deux camps du conflit qui oppose la Ville de Nyon et le couple Scanio depuis quelques mois. Mercredi, le syndic Daniel Rossellat informait le père de famille que lui et ses enfants obtenaient le passeport à croix blanche. Mais la mère, elle, essuie un refus.

La querelle remonte à l'audience du couple face à la commission des naturalisations, le 24 octobre. «J'ai cru qu'il y avait une caméra cachée. Un auditeur a jeté une brochure sur une table, il y avait des gags et du mépris», grogne, outré, Salvatore Scanio. Le duo reçoit ensuite un préavis négatif de la commune, pour qui leurs connaissances en géographie, histoire et civisme sont insuffisantes. «Alors que nous avons obtenu la note «Très bien» en langue et en intégration», relève-t-il.

On leur propose une deuxième audition, après révisions. Mais le couple décide de protester contre une décision qu'il juge politique. «Leur démarche a permis de mettre en avant des dysfonctionnements dans le processus», estime Nicolas Mattenberger, leur avocat, qui regrette l'entêtement de la commune.

La suite? «La décision vient d'arriver, il faut d'abord qu'on la digère», exprime Salvatore Scanio. Seule certitude, il n'en restera pas là et compte persévérer jusqu'à ce que sa femme devienne Suissesse, comme ses enfants. «Mais au final, notre souhait, c'est de retourner dans l'anonymat», souffle-t-il.

La Ville dit respecter les règles

Les autorités estiment avoir fait tout juste. «Nous avons suivi les lois fédérales et cantonales. Il est dommage d'en être arrivé dans ce processus compliqué et qui pointe du doigt la ville de Nyon», déplore Stéphanie Schmutz. Pour elle, la commune respecte les règles, à l'instar des autres villes du canton. «Nyon est même assez exemplaire», affirme-t-elle. Elle relève aussi que le refus signifié à l'épouse n'est que le 2ème en quatre ans, sur environ 700 dossiers. La Ville avait réformé ses procédures pour assurer une plus grande équité. «C'est tout le système qu'il faut refonder», conteste au contraire Salvatore Scanio.

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