Actualisé 13.11.2011 à 08:48

ItalieMonti bien placé pour succéder à Berlusconi

L'ex-commissaire européen Mario Monti devrait succéder à Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement italien.

Mario Monti est le grand favori.

Mario Monti est le grand favori.

La page Berlusconi tournée, le président de la République italienne Giorgio Napolitano entame dimanche ses consultations pour désigner le nouveau chef du gouvernement. Sauf surprise, l'ex-commissaire européen Mario Monti devrait être désigné.

Le président de la république entamera ses entretiens à 09h00 heure suisse. Il va rencontrer d'abord le président du Sénat Renato Schifani, puis le président de la Chambre des députés Gianfranco Fini et les délégations des groupes parlementaires et les anciens présidents de la République.

Presque fait

L'annonce de la nomination n'est pas attendue avant la fin d'après-midi de dimanche, voire lundi. Les jeux semblent déjà faits. Mario Monti, 68 ans, désigné mercredi sénateur à vie et reçu samedi à déjeuner pendant deux heures par le Cavaliere, est quasiment assuré d'être adoubé par Giorgio Napolitano.

Il a déjà reçu le soutien de la directrice du FMI Christine Lagarde. Il a eu un entretien samedi avec le nouveau directeur de la Banque centrale européenne, son compatriote Mario Draghi.

Les populistes de la Ligue du Nord et d'irréductibles du parti de Silvio Berlusconi refusent de participer à un gouvernement ouvert à la gauche. Les autres partis affichent leur soutien à un gouvernement chargé de prendre les mesures nécessaires pour éviter à l'Italie l'asphyxie financière.

Les sites d'information italiens multipliaient samedi soir les scénarios sur les noms des futurs titulaires des différents ministères. Ils feront sans aucun doute l'objet de subtils arbitrages et compromis entre les différents partis soutenant le gouvernement.

Fidèle bras droit

Le Peuple de la Liberté (PDL) de Berlusconi a ainsi exigé que son fidèle bras droit, Gianni Letta, soit nommé vice-président du Conseil. Malgré sa démission sous les quolibets samedi soir, le Cavaliere n'a pas baissé les bras et compte bien monnayer au prix fort son soutien à Mario Monti.

«Nous sommes en mesure de débrancher la prise quand nous voulons», confié Silvio Berlusconi à ses proches. Dans ce contexte délicat, la tâche de Mario Monti ne s'annonce pas comme une partie de plaisir. (ats)

Sortir le pays de la crise

Le successeur de Silvio Berlusconi aura la lourde tâche de sortir l'Italie de la crise, en imposant aux Italiens de se serrer encore la ceinture et en adoptant d'autres réformes urgentes pour relancer l'économie, jugent des économistes.

Un véritable travail d'Hercule, selon Eoin Ryan du cabinet IHS Global Insight, qui, sauf énorme surprise, devrait échoir à l'ex- commissaire européen Mario Monti, dont la nomination devait intervenir dimanche ou lundi.

Sa «tâche sera de redresser une économie structurellement faible, de s'assurer que l'Italie survit sur les marchés et dans la zone euro et de revitaliser des réformes au point mort promises à l'Union Européenne et au FMI», insiste-t-il.

Si la perspective de sa nomination a fait souffler un vent d'optimisme, les marchés restent à l'affût et le prochain président du Conseil va devoir «passer à l'épreuve des faits», avertit Giuliano Noci, professeur d'économie au MIP, l'école de commerce de l'Université Politecnico de Milan.

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