Actualisé 13.11.2011 à 21:15

Succession BerlusconiMonti chargé de former un gouvernement

Mario Monti a été appelé par le président italien, dimanche soir, à succéder à Silvio Berlusconi.

L'ex-commissaire européen Mario Monti, 68 ans, a été chargé dimanche soir de succéder au chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. Il s'est déclaré convaincu que l'Italie pouvait «vaincre» la crise de la dette grâce à «un effort collectif».

«Je remercie beaucoup le président pour la confiance qu'il m'a accordée (...) dans un moment de difficulté particulière pour l'Italie», a dit M. Monti lors d'une brève intervention après avoir reçu son mandat du président de la République Giorgio Napolitano.

«Le pays doit redevenir un élément de force, non de faiblesse, dans une Union européenne dont avons été parmi les fondateurs», a-t-il également ajouté.

«L'Italie peut vaincre la crise» économique grâce à «un effort collectif», a-t-il insisté, peu avant d'être applaudi par la foule à sa sortie du palais présidentiel.

Souhait

Il a promis de mener «avec un sens de l'urgence mais avec soin» des consultations en vue d'établir la composition de son cabinet.

La nomination de cet économiste respecté est intervenue à point nommé pour rassurer les marchés et les partenaires internationaux avant l'ouverture des marchés boursiers lundi matin, d'autant plus que cette journée sera marquée par une nouvelle émission obligataire faisant figure de test.

Dans un message télévisé diffusé au moment même où son successeur en puissance était convoqué au palais présidentiel, Silvio Berlusconi s'est dit «prêt à favoriser les efforts du président pour donner immédiatement au pays un gouvernement au profil technique».

Avant d'ajouter aussitôt qu'il «redoublerait son engagement au Parlement et dans les institutions pour rénover l'Italie», signe qu'il n'est prêt à prendre sa retraite politique.

Suggestion

«Je ne me rendrai pas tant que je n'aurai pas rénové l'architecture de l'Etat», a affirmé M. Berlusconi, qui a passé dix ans au pouvoir en 17 ans de vie politique.

Plus tôt dans la journée, le Cavaliere s'était dit «fier» de son action pendant la crise économique et avait espéré «reprendre le chemin du gouvernement».

En début de soirée, tout sourire, il est venu saluer et serrer les mains de centaines de partisans réunis devant sa résidence personnelle, qui l'ont applaudi avec chaleur en criant «Silvio! Silvio!».

Cet omniprésence de M. Berlusconi sur la scène médiatique constitue un contraste saisissant avec la discrétion prudent affichée toute la journée par Mario Monti.

Demande lancée

La tâche qui l'attend est titanesque, alors que l'Italie est au bord de l'asphyxie financière et croule sous une dette colossale (1900 milliards d'euros, 120 % du PIB).

Le Parti démocrate (PD, gauche, principal parti d'opposition) a demandé par la voix de son secrétaire Pierluigi Bersani que le gouvernement «soit totalement nouveau, à forte composante technique, et mette l'Italie en condition d'affronter l'urgence».

«Les engagements pris avec l'Europe restent le contenu essentiel du programme de gouvernement», a estimé de son côté le secrétaire du parti du Cavaliere, le Peuple de la Liberté (PDL), Angelino Alfano.

La perspective d'une majorité parlementaire semble ouverte pour M.'Monti, un homme pondéré au nez toujours chaussé de lunettes, surnommé parfois «le cardinal», qui s'est taillé une réputation de compétence et d'indépendance comme commissaire européen pendant dix ans (1994-2004), d'abord au Marché intérieur puis à la Concurrence.

Saluée par l'UE

Il est aussi depuis 1994 président de la prestigieuse université Bocconi de Milan, considérée comme la meilleure faculté d'économie d'Italie et dont il est diplômé.

Ces compétences ne seront pas de trop pour gouverner l'Italie, qui a été placée sous surveillance du Fonds monétaire international (FMI), de l'Union européenne et de la Banque centrale européenne (BCE).

La mission de Mario Monti ne s'annonce pas comme une partie de plaisir. En saluant sa nomination, l'UE n'a d'ailleurs pas manqué dimanche de préciser qu'elle continuerait à surveiller les réformes italiennes.

Et Silvio Berlusconi, même s'il lui apporté son soutien à M. Monti et l'a reçu pendant deux heures à déjeuner samedi, reste en embuscade: «Nous sommes en mesure de débrancher la prise quand nous voulons», a-t-il confié à ses proches. (ats/afp)

Berlusconi veut rester en politique

Le chef du gouvernement italien sortant Silvio Berlusconi s'est dit prêt dimanche soir à soutenir un gouvernement technique, tout en promettant de rester impliqué dans la vie politique italienne, notamment au Parlement.

«Nous sommes prêts à favoriser les efforts du président de la République (Giorgio Napolitano) pour donner immédiatement au pays un gouvernement au profil technique», a-t-il déclaré dans un message télévisé alors que M. Napolitano doit incessamment confier la formation d'un nouveau gouvernement à l'ex-commissaire européen Mario Monti.

Aux antipodes de Berlusconi

Chargé de constituer un nouveau gouvernement italien pour rétablir la confiance des marchés, Mario Monti, homme pondéré de 68 ans, se situe aux antipodes du bouillant Silvio Berlusconi, accusé d'avoir miné la crédibilité du pays.

Surnommé parfois «le cardinal», cet homme pondéré au nez toujours chaussé de lunettes s'est taillé une réputation de compétence et d'indépendance comme commissaire européen pendant dix ans (1994- 2004).

Signe que les temps ont déjà changé: loin des tribunaux ou des villas luxueuses où les paparazzi guettaient le Cavaliere, photographes et cameramen guettaient dimanche matin M. Monti à la sortie de la messe à Rome.

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