Actualisé 05.08.2016 à 16:40

CanadaMontréal accueille le Forum social mondial

La galaxie altermondialiste se réunira pour la première fois au Nord, histoire d'agir «au coeur du système».

Au total, de 50'000 à 80'000 personnes sont attendues de mardi à dimanche prochains dans la métropole canadienne. (Image d'archive, Tunis, 30 mars 2013)

Au total, de 50'000 à 80'000 personnes sont attendues de mardi à dimanche prochains dans la métropole canadienne. (Image d'archive, Tunis, 30 mars 2013)

photo: Reuters

Montréal accueille à partir de mardi le Forum social mondial (FSM).

Quinze ans après sa première édition à Porto Alegre (Brésil), c'est la première fois que la grand-messe altermondialiste se tient dans un pays industrialisé, histoire d'agir «au coeur du système».

Les organisateurs veulent dépasser le clivage entre pays riches et pauvres et «construire un sentiment mondial de solidarité pour agir concrètement contre un système politique et financier qui a des effets néfastes au Sud comme au Nord», a expliqué à l'ats Carminda Mac Lorin, membre du Collectif d'organisation du FSM.

Selon elle, la mobilisation est nécessaire aussi dans les pays industrialisés. Il s'agit notamment de sensibiliser les populations et les gouvernements du Nord à l'impact de leurs actions sur les pays du Sud.

Choix critiqué

La tenue du FSM à Montréal vise aussi à souligner l'extraordinaire dynamisme de la société civile et de la jeunesse du Canada, ainsi que de ses populations autochtones, ajoute Carminda Mac Lorin.

Certaines voix ont toutefois critiqué ce choix. Elles craignent que de nombreux participants du Sud ne puissent pas venir dans la métropole québécoise pour des raisons de coût ou de visas.

Des reproches dont les organisateurs assurent avoir tenu compte. Un groupe de plusieurs centaines de bénévoles a été mis en place pour aider à remplir les demandes de visas. Les organisateurs ont aussi encouragé la participation à distance, notamment via internet.

Plus de 50'000 participants

Au total, de 50'000 à 80'000 personnes sont attendues de mardi à dimanche prochains dans la métropole canadienne. Durant ces six jours, plus de 1200 activités autogérées seront présentées par un millier d'organisations présentes.

En outre, 20 grandes conférences sont prévues avec des personnalités de divers pays, dont l'ancien candidat à la primaire démocrate pour la présidence américaine Bernie Sanders, le vice-président bolivien Alvaro García Linares ou la militante altermondialiste Naomi Klein.

Le programme du FSM s'articulera autour de treize grands thèmes. Ceux-ci doivent représenter «toutes les préoccupations de la société civile, sans hiérarchisation», souligne Carminda Mac Lorin.

Parmi eux, les questions liées aux migrations prendront «une place centrale» au moment où l'Europe se déchire sur l'accueil des réfugiés et où le candidat républicain à la Maison blanche Donald Trump menace de construire un «mur» à la frontière mexicaine.

L'environnement, l'économie solidaire, les conditions de genre, la jeunesse ou encore la culture auront aussi une large place dans les échanges. Tout comme l'autodétermination des peuples et la question des peuples autochtones - très sensible au Canada.

Ateliers avec Unia

Contrairement aux précédentes éditions du FSM, il n'y aura pas de délégation suisse officielle. Quelques organisations helvétiques se rendront néanmoins à Montréal et seront actives sur plusieurs fronts.

Ainsi, le syndicat Unia, avec une douzaine de représentants, participera à des ateliers co-organisés avec ses homologues canadiens. Les discussions seront consacrées en particulier aux migrations et aux accords de libre-échange TISA (sur les services), TTIP (entre l'UE et les Etats-Unis) et CETA (UE-Canada), qui «visent à renforcer encore le pouvoir des grands groupes».

La communauté de travail Alliance Sud et l'oeuvre d'entraide catholique Action de Carême seront également de la partie. Cette dernière participera aux activités organisées par l'alliance internationale d'agences de développement catholiques (CIDSE) et d'autres organisations partenaires.

«Un autre monde est nécessaire»

Comme le veut la tradition, aucune déclaration finale ne sera adoptée à l'issue du Forum social mondial. Les différentes initiatives discutées à Montréal seront toutefois regroupées autour de «plans d'actions» et d'un «calendrier partagé».

L'objectif est d'encourager le passage de la réflexion à l'action, souligne Carminda Mac Lorin. En 2001, le slogan du premier FSM était «un autre monde est possible». Aujourd'hui, face à la nouvelle réalité mondiale et au renforcement du système politique et financier, «un autre monde est nécessaire. Et ensemble, il devient possible», conclut la militante. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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