Actualisé 19.01.2012 à 08:44

Crise de la detteMoody's confirme le triple A de la Suisse

L'agence de notation américaine Moody's a confirmé jeudi le Aaa de la dette souveraine de la Suisse, soit la meilleure note. Elle a aussi confirmé la perspective «stable».

La Suisse reste ainsi parmi les onze pays notés triple A par les trois grandes agences de notation.

Le maintien de cette note reflète la forte stabilité économique, institutionnelle et financière du pays, écrit l'agence dans son communiqué. Moody's s'appuie sur l'économie ouverte, hautement développée et bien diversifiée du pays. En outre, la Suisse a un passé de mesure en matière fiscale et de faible inflation.

Les institutions suisses, par leur gouvernance et leurs lois, sont robustes et bénéficient d'un système transparent, poursuit Moody's. L'agence de notation salue aussi la stabilité historique et politique du pays. La dette publique est compatible avec la capacité de payement, ce qui permet une certaine marge de manoeuvre fiscale.

Perspective «stable»

Quant à la perspective, Moody's la juge stable, c'est-à-dire que la note ne devrait pas changer dans les six à 24 mois. L'agence estime que le poids de la dette, déjà bas, devrait encore s'amoindrir au cours des années à venir.

Le gouvernement devra cependant faire face à certains défis, non seulement en raison du poids du secteur bancaire, mais aussi de la pression que le vieillissement de la population exercera sur les assurances sociales, relève Moody's.

La nouvelle loi «too big to fail» sur les banques devrait réduire les éventuelles interventions de l'Etat dans le secteur. Mais, même si son application est réussie, cette législation n'élimine pas complètement les risques.

La France mal notée

Récemment, de nombreux pays d'Europe ont perdu des points dans la notation des grandes agences. Standard & Poors a notamment provoqué un choc vendredi en abaissant la note de crédit de neuf pays de la zone euro, dont le précieux triple A de la France et de l'Autriche.

Depuis, cependant, Moody's a, elle, maintenu lundi le triple A de la France, tout en laissant planer un doute sur la perspective. Et les marchés ont réagi avec flegme à ces dégradations.

Pour les trois plus grandes agences de notation (Moody's, Standard & Poors et Fitch), les meilleurs élèves de la zone euro sont l'Allemagne, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas. (ats)

Le président de Standard & Poor's défend les méthodes de l'agence

Le nouveau président de Standard & Poor's, Doug Peterson, a défendu mercredi les méthodes plus agressives adoptées en juin dernier par l'agence de notation, à l'origine de la perte du triple A des Etats-Unis et de la France.

La société new-yorkaise, qui a fait trembler les marchés et les gouvernements ces derniers mois, a adopté le 30 juin dernier une révision de ses processus d’évaluation financière des pays. Ces nouveaux procédés «fournissent la base pour mener notre analyse», a déclaré M. Peterson au "Wall Street Journal", dont le site internet publiait les propos.

Cinq semaines après cette réforme, S&P entraînait un séisme politique en abaissant la note de crédit des Etats-Unis. La semaine dernière, neuf pays de la zone euro ont fait les frais de sa nouvelle approche, dont la France qui a perdu son précieux «AAA» et l'Italie dont la note a été dégradée de deux crans à «BBB ».

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