Séisme au Japon: Moratoire sur les nouvelles centrales suisses
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Séisme au JaponMoratoire sur les nouvelles centrales suisses

Après le séisme au Japon, la conseillère fédérale a demandé lundi un réexamen de la sécurité des centrales existantes et suspendu les procédures relatives aux nouvelles centrales.

Doris Leuthard demande un réexamen de la sécurité des centrales existantes.

Doris Leuthard demande un réexamen de la sécurité des centrales existantes.

Doris Leuthard suspend les procédures relatives aux demandes d'autorisation pour la construction de centrales nucléaires de remplacement. Après le séisme au Japon et une rencontre avec ses experts, la conseillère fédérale a demandé lundi matin un réexamen de la sécurité des centrales existantes.

Les procédures concernant les trois centrales de remplacement sont gelées jusqu'à ce que les normes de sécurité aient été réexaminées et, si nécessaire, adaptées, indique le Département fédéral de l'environnement, des transports de l'énergie et de la communication (DETEC). L'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a été chargée d'analyser les causes exactes de l'accident au Japon.

Question de sécurité

Cet examen pourrait entraîner la révision des normes en vigueur. Un cadre plus strict est notamment envisageable en termes de sécurité sismique et de refroidissement.

Les demandes d'autorisation générale pour les centrales de remplacement seront évaluées à la lumière des conclusions de l'IFSN. Doris Leuthard souligne que «la sécurité de la population a la priorité absolue».

Les experts de la Confédération sont en contact permanent avec des experts au niveau international, notamment avec ceux de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Par ailleurs, Doris Leuthard est tenue au courant de l'évolution au Japon.

Rapport sur les risques sismiques attendu fin 2012

Le risque de séisme pour les quatre centrales nucléaires suisses est en cours de réexamen. Un rapport est attendu fin 2012 et une prise de position de l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) devrait intervenir courant 2013.

L'étude d'experts internationaux Pegasos révélait en 2007 que le risque de séisme pour les centrales nucléaires suisses est plus élevé qu'initialement estimé. L'IFSN avait alors demandé aux exploitants de centrales d'analyser l'utilité de travaux de renforcement de certains composants et structures.

Des travaux ont été menés. Des ancrages de citernes de carburant et de la tuyauterie d'évacuation d'eau ont notamment été améliorés, a expliqué lundi à l'ATS Georges Piller, chef de la radioprotection au sein de l'IFSN.

Le rapport de 2007 a notamment démontré «des incertitudes relativement grandes» en cas de séisme d'une certaine magnitude. C'est pourquoi un nouvelle étude, le «Pegasos Refinement Project», va déterminer avec davantage de précision l'ampleur des vibrations horizontales et verticales que subit la base d'une centrale nucléaire.

«D'après les données actuelles, le rapport devrait être terminé à fin 2012 et une prise de position de l'IFSN ne devrait pas arriver avant 2013», a indiqué M. Piller. Ce délai pourrait se prolonger avec le mandat confié lundi à l'IFSN par Doris Leuthard.

Contrôles approfondis

La conseillère fédérale a demandé que l'IFSN tire les conclusions des accidents nucléaires japonais de ces derniers jours afin de permettre notamment l'élaboration de normes plus strictes en matière de sécurité sismique. Actuellement, la législation impose aux centrales nucléaires des contrôles approfondis chaque dix ans.

Elles doivent notamment analyser les parties mécaniques, électriques, les systèmes de sécurité et la planification en cas d'urgence. Elles doivent étudier les conséquences d'un accident, d'une panne, voire d'une éventuelle fusion du coeur d'un réacteur.

(ats)

Plusieurs marches silencieuses

Suite aux accidents nucléaires au Japon, plusieures marches silencieuses ont eu lieu lundi dès 17h dans différentes villes suisses. Les participants ont exprimé leur solidarité avec le peuple japonais ainsi que leur opposition à l'énergie atomique.

A Berne, près de 200 personnes se sont réunies en Vieille ville à l'appel de Greenpeace, du WWF, des Verts, du Parti socialiste et de l'organisation «Plus jamais de centrales nucléaires» (NWA).

La catastrophe au Japon montre que même les technologies les plus modernes comportent d'énormes risques, selon les participants à la marche. Des tracts demandaient des solutions énergétiques «respectueuses de l'environnement et de l'être humain». «Changement énergétique. Maintenant», pouvait-on lire sur une banderole.

La Confédération doit aussi revenir sur sa décision d'accorder une autorisation d'exploitation illimitée à la centrale de Mühleberg, ont exigé les manifestants. Ils ont aussi appelé les FMB, le canton de Berne et la Confédération, à rendre publique toute la documentation relative à la sécurité de l'installation.

A Genève et Zurich

A Genève, une vingtaine de personnes ont participé à un rassemblement sur la place du Molard. Les manifestants se sont réunis à l'appel de Greenpeace, des Verts, de solidaritéS et du Parti du Travail.

Les calicots portaient des inscriptions hostiles à l'énergie atomique. «Assez du nucléaire, civil et militaire». «Sortir du nucléaire, avant la catastrophe.»

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