C'est parti!: Moritz Leuenberger coupe le ruban du M2
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C'est parti!Moritz Leuenberger coupe le ruban du M2

Lausanne a connu jeudi une journée historique avec l'inauguration du métro M2. Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger a salué une réalisation exceptionnelle et les premiers passagers se sont engouffrés ravis dans l'unique métro automatique de Suisse.

Le chef du Département fédéral des transports a coupé le ruban vert-blanc et blanc-rouge à 15h15 sur le quai de la station Riponne- Maurice Béjart. La rame de la délégation officielle avait auparavant effectué en 11 minutes le trajet entre le terminus nord de la ligne et le centre-ville.

Les 80 représentants des communes, du canton, de la Confédération et des TL sont ensuite remontés en surface pour la partie officielle. Plus de 1400 invités ont assisté aux discours sur la place de la Riponne avant une partie festive.

Moritz Leuenberger a salué la prochaine mise en service du métro, malgré son «quart d'heure vaudois» de retard. «Je souhaite que de longs traits d'union à l'image du M2 se tracent sur l'ensemble du pays». Le ministre socialiste a appelé chacun à «chercher les points et les intérêts communs plutôt que d'exacerber les différences et de creuser les divisions».

Gestation difficile

«Les Vaudois ont parfois des audaces qui les étonnent eux- mêmes», a cité le syndic de Lausanne Daniel Brélaz. La réalisation jugée exemplaire aujourd'hui a connu une longue gestation et un accouchement difficile. «Le nouveau-né est en forme, malgré une jaunisse assez ordinaire», a renchéri le conseiller d'Etat François Marthaler, en allusion à l'ouverture retardée du métro.

Les différents orateurs ont abondamment remercié toutes les personnes ayant oeuvré au métro. Le M2 représente une révolution pour les transports de l'agglomération lausannoise qui dynamisera tout le canton, ont-ils souligné. L'aboutissement de ce projet «symbolise la confiance retrouvée des Vaudois en eux-mêmes», a déclaré le président du Conseil d'Etat Pascal Broulis.

Ambiance joviale

Les premiers voyageurs se sont engouffrés dans le M2 avec curiosité et parfois une certaine fébrilité. Stéphane, 35 ans, regrette ce week-end d'inauguration suivi d'un mois fermé avant la mise en service commerciale. «C'est juste pour nous faire envie», lance cet utilisateur des transports publics qui considère Lausanne comme «la ville des bouchons».

L'humeur générale est partout joviale, le sourire sur la plupart des visages. Chacun y va de son commentaire ou de son SMS. «Trop cool, ce métro. Je vais l'utiliser tous les jours», confie Alexandre, 13 ans, qui n'aurait visiblement manqué ce premier jour pour rien au monde.

«Je suis content de payer des impôts pour ça», lance Alexandre, 38 ans. Habitué du métro de Madrid, il concède que celui de Lausanne est «petit», mais «Zurich n'a pas de métro», ajoute-t-il. A 82 ans, Isabelle est venue avec une amie. Elle ne s'inquiète pas de l'automatisation du M2: «Il faut aller vers le progrès», même si un conducteur «ça rassure», glisse-t-elle.

Portes ouvertes jusqu'à dimanche

Jusqu'à dimanche, les quinze rames du M2 circuleront de 10h00 à 20h00 et desserviront onze des quatorze stations. L'exploitation commerciale devrait commencer le 27 octobre, le temps de régler les maladies de jeunesse du système informatique.

Long de 5,9 kilomètres, dont 3,4 kilomètres en tunnel, le tracé compte jusqu'à 12 % de dénivellation, ce qui en fait le métro le plus pentu d'Europe. Les travaux ont duré cinq ans, pour un coût total de près de 740 millions de francs, dont 190 millions payés par la Confédération. (ap)

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