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EgypteMorsi nomme un nouveau Premier ministre

Le ministre égyptien sortant de l'Irrigation a été nommé au poste de Premier ministre. Il devra former le nouveau gouvernement du pays.

Cette annonce est intervenue 25 jours après l'investiture de M. Morsi.

Cette annonce est intervenue 25 jours après l'investiture de M. Morsi.

Le président égyptien Mohamed Morsi a désigné mardi le ministre sortant de l'Irrigation Hicham Qandil au poste de Premier ministre, a annoncé la télévision publique égyptienne. Il est chargé de former le prochain gouvernement.

Dans une déclaration à la presse, le porte-parole de M. Morsi, Yasser Ali, a indiqué que le président a chargé une «personnalité indépendante de former le gouvernement» et a souhaité que sa composition soit annoncée «le plus tôt possible».

Scènes de liesse en Egypte

M. Qandil est un «patriote indépendant» qui n'a jamais appartenu à un parti, que ce soit avant ou après le soulèvement qui a chassé Hosni Moubarak de la présidence en février 2011, a-t-il encore ajouté.

L'ouverture du prochain gouvernement à des personnalités extérieures au mouvement islamiste est considérée pour beaucoup comme un test de la volonté déclarée de M. Morsi d'être le «président de tous les Egyptiens».

Elle est également considérée comme indispensable pour élargir sa base politique face au Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui conserve de larges pouvoirs face à la présidence.

Ancien haut-fonctionnaire

Agé de 50 ans, M. Qandil faisait partie du cabinet sortant du Premier ministre Kamal al-Ganzouri, nommé l'an dernier par les militaires et chargé momentanément de gérer les affaires courantes.

Il a obtenu son diplôme d'ingénieur à l'Université du Caire en 1984. A l'instar de M. Morsi, il a également étudié aux Etats-Unis et a obtenu son doctorat à l'Université de Caroline du Nord en 1993. M. Qandil assumera ensuite des hautes fonctions au sein de l'administration égyptienne, notamment au sein du ministère de l'Irrigation.

La barbe du Premier ministre désigné, qu'il dit avoir fait pousser par devoir religieux, a cependant éveillé des craintes sur sa proximité avec les islamistes, même s'il a lui-même nié appartenir à une quelconque organisation.

M. Qandil ne figurait pas sur la liste des Premiers ministres potentiels établie par différents médias égyptiens, depuis l'élection de Mohamed Morsi.

La presse prévoyait plutôt l'investiture d'un économiste, citant les noms d'anciens directeurs de la banque centrale ou celui de l'ex- ministre des Finances du gouvernement de transition, Hazem el- Beblawi.

Le journal gouvernemental «Al-Ahram» évoquait pour sa part le nom de Mohamed el-Baradei, ancien chef de l'agence atomique de l'ONU et prix Nobel de la paix 2005. Il était également proche des mouvements qui ont lancé la révolte contre le régime d'Hosni Moubarak l'an dernier.

Réaction négative des marchés

«C'est plutôt une surprise, car la majorité des noms évoqués appartenaient au secteur financier», a de son côté confirmé Mohamed Radouane du cabinet Pharos Securities. «Les marchés réagissent franchement de manière négative».

Selon un certain nombre d'analystes, l'Egypte, pays le plus peuplé du monde arabe avec plus 80 millions d'habitants, risque une crise budgétaire si elle n'obtient pas l'aide financière de donateurs étrangers et n'attire pas à nouveau touristes et investisseurs qui se sont retirés du pays après le soulèvement de l'an dernier.

La nomination de M. Qandil intervient 25 jours après l'investiture de M. Morsi, issu de Frères musulmans et premier président civil a être librement élu depuis 1952. M. Morsi avait alors promis que son futur Premier ministre serait une personnalité «indépendante».

Premier président à ne pas sortir des rangs de l'armée, M. Morsi, 60 ans, a obtenu 51,73% des voix à la présidentielle contre 48,27% à son rival Ahmad Chafiq, ancien Premier ministre de M. Moubarak. (afp)

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