Actualisé 07.07.2012 à 18:34

Coire (GR)

Mort de l'ancien conseiller fédéral Léon Schlumpf

Le père d'Eveline Widmer-Schlumpf s'est éteint samedi à l'âge de 87 ans. Il avait notamment dirigé le Département fédéral des transports, des communications et de l'énergie entre 1980 et 1987.

Un père et sa fille: Leon Schlumpf et Eveline Widmer-Schlumpf à Coire en 2011

Un père et sa fille: Leon Schlumpf et Eveline Widmer-Schlumpf à Coire en 2011

L'ancien conseiller fédéral Leon Schlumpf est mort samedi à l'hôpital de Coire, selon la Chancellerie fédérale. Il avait 87 ans. Membre de l'UDC grisonne à l'époque, il avait dirigé le Département fédéral des transports et de l'énergie de 1980 à 1987. Il avait été président de la Confédération en 1984. Sa fille Eveline Widmer-Schlumpf est l'actuelle présidente .

Leon Schlumpf laisse le souvenir d'un conseiller fédéral pragmatique et tenace. Comme ministre des communications et de l'énergie, il a notamment recherché l'équilibre entre rail et route.

Rail2000

Le projet Rail2000 et le mandat de prestation des CFF ont notamment été préparés sous sa direction. La taxe poids lourds (forfaitaire) et la vignette autoroutière ont aussi été introduites, tandis que le réseau des routes nationales se développait.

En matière d'énergie, Leon Schlumpf a connu un revers en 1983 avec le refus d'un nouvel article constitutionnel par la majorité des cantons. Il a eu plus de succès dans sa politique des médias: l'adoption de l'article constitutionnel sur la radio et la télévision en 1984 a ouvert la voie aux médias audiovisuels privés.

Le Grison a toujours défendu l'Etat de droit et les principes de la démocratie. Ainsi, il n'a guère ménagé les minorités opposées à des projets d'envergure nationale comme les centrales nucléaires ou les dépôts de déchets radioactifs.

Fédéralisme fondamental

En 2005, Leon Schlumpf a mis en garde contre un démantèlement du fédéralisme. S'exprimant pour ses 80 ans, il avait rappelé qu'il existe en Suisse des «valeurs fondamentales» auxquelles il ne faut pas toucher.

Pour lui, l'argument des représentants de l'économie et des politologues selon lequel la Suisse «ne peut plus se payer le fédéralisme» est «une attaque contre la démocratie».

A son avis, continuer à dépeupler les vallées de montagne ou remplacer les cantons par des régions pourrait mener à une «dissolution de la Suisse». Il considérait «innacceptable» cette «conception de l'Etat orientée seulement sur la rentabilité».

Avocat et politicien

Né le 3 février 1925 à Felsberg, Leon Schlumpf étudie le droit à Zurich. Sa trajectoire politique est rapide. Il se lance en politique au sein des Démocrates grisons. Il joue un rôle important dans la fusion de cette formation et du Parti des paysans, artisans et bourgeois, qui créent l'Union démocratique du centre (UDC) en 1971.

En 2008, il participera à la création d'un autre parti, le Parti bourgeois démocratique (PBD), né de la scission avec l'UDC suite à l'exclusion d'Eveline Widmer-Schlumpf, sa fille, et de la section UDC grisonne.

Jeune avocat et notaire, il devient membre des autorités communales et de district de Coire, puis dès 1955 membre du Grand conseil pendant dix ans. Il dirige le Département cantonal de l'intérieur et de l'économie.

Un «Monsieur prix» populaire

En 1966, Leon Schlumpf entre au Conseil national, avant de passer en 1974 au Conseil des Etats. De juillet 1974 à fin 1978, il exerce la fonction de préposé au contrôle des prix. Cette charge qu'il n'a pas tout de suite acceptée - il s'était opposé à sa création - lui a valu une grande popularité.

Leon Schlumpf est élu au Conseil fédéral à fin 1979, succédant au Bernois Rudolf Gnägi. L'Assemblée fédérale met ainsi fin à 130 ans de présence continue du canton de Berne au Conseil fédéral.

Critiques rétroactives

Il devient président de la Confédération en 1984. Il quitte le gouvernement à fin 1987. Huit ans après, Leon Schlumpf est mis en cause par la commission de gestion du Conseil des Etats dans un rapport sur le projet Rail2000. Selon elle, le Parlement et les citoyens, mal informés, n'ont pas pu décider en connaissance de cause en 1987, car le projet n'avait pas été suffisamment étudié.

La commission en a rendu Leon Schlumpf responsable. L'ancien conseiller fédéral a admis des lacunes, mais les a expliquées par un souci de concision, excluant toute volonté de dissimuler des informations.

Après son passage au Conseil fédéral, Leon Schlumpf a notamment assumé la présidence de la fondation Pro Infirmis et oeuvré à la direction du Parrainage suisse pour les communes de montagne. Pour le reste, il s'est essentiellement consacré à sa vigne de Felsberg, à sa famille et à la musique.

Trois filles

Dans sa jeunesse, Leon Schlumpf a notamment fait du football et joué dans plusieurs groupes de musique populaire, composant des morceaux sous le pseudonyme de Rätus Telena. Père de trois filles, dont une décédée dans un accident de voiture en 1983.

Sa fille Eveline Widmer-Schlumpf a été élue au Conseil fédéral en 2007. Elle est actuellement présidente de la Confédération. (ats)

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