Actualisé 21.12.2018 à 05:36

Grande-Bretagne

Mort de Perepilitchni: empoisonnement écarté

Le millionnaire de 44 ans, qui vivait au Royaume-Uni depuis 2009, s'était effondré pendant son jogging en novembre 2012.

La compagnie d'assurance vie d'Alexandre Perepilitchni avait demandé de nouveaux examens, deux ans après sa mort. (Photo d'illustration)

La compagnie d'assurance vie d'Alexandre Perepilitchni avait demandé de nouveaux examens, deux ans après sa mort. (Photo d'illustration)

Keystone

La mort subite d'Alexandre Perepilitchni est liée à une cause naturelle et non à un empoisonnement, a tranché mercredi la justice britannique. Le Russe est décédé peu après avoir témoigné lors d'une enquête sur une affaire de détournement de fonds.

Le millionnaire de 44 ans, qui vivait au Royaume-Uni depuis 2009, s'était effondré pendant son jogging en novembre 2012 et était décédé quelques minutes plus tard, près de sa maison de Weybridge, dans le Surrey (sud de l'Angleterre).

«Compte-tenu de toutes les informations rassemblées, il est peu probable que Alexandre Perepilitchni ait été empoisonné», a déclaré le juge Nicholas Hilliard, à l'issue d'une longue enquête. «Je peux donc assurément conclure qu'il est plus probable qu'il soit mort de cause naturelle», a ajouté le juge, citant le syndrome de mort subite par arythmie.

Nicholas Hilliard a aussi rappelé que la police n'avait pas recueilli de preuves médico-légales après son décès, qui n'avait pas été considéré comme «suspect» dans un premier temps, rendant son enquête difficile. Selon la famille du millionnaire russe, il était en pleine forme et n'avait pas d'antécédents cardiaques.

Empoisonné?

Sa compagnie d'assurance vie avait demandé de nouveaux examens, deux ans après sa mort, évoquant la possibilité d'un meurtre en raison de ses activités de lanceur d'alerte. Des recherches poussées n'avaient pas permis de retrouver de trace de poison.

Alexandre Perepilitchni avait été le principal informateur des enquêteurs suisses sur les détournements de fonds qui auraient été commis par des fonctionnaires russes au détriment du fonds d'investissement Hermitage Capital de Bill Browder, qui était présent mercredi à l'énoncé de la décision.

Hermitage s'était dit victime dans les années 2000 d'une machination orchestrée par des responsables de la police et du fisc russes pour détourner 5,4 milliards de roubles (plus de 160 millions de francs à l'époque) de fonds publics par la voie de remboursements de taxes.

Sergueï Magnitski, le juriste d'Hermitage, avait dénoncé cette machination. Il avait alors été à son tour inculpé pour fraude fiscale et placé dans un centre de détention provisoire à Moscou. Il y est mort le 16 novembre 2009, à 37 ans, après dix mois de détention provisoire. Un rapport officiel russe a révélé en 2011 qu'il avait été victime de coups et privé de soins de manière «préméditée».

Plainte en Suisse

Le Ministère public de la Confédération (MPC) avait confirmé à l'ats en novembre 2012 que M. Perepilitchni a fait «plusieurs déclarations» à la procureure fédérale dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent.

L'enquête du MPC a été ouverte en mars 2011 suite au dépôt d'une plainte par l'étude d'avocats britannique Brown Rudnick au nom de Hermitage. Au cours des investigations, des comptes bancaires ont été bloqués en Suisse et une analyse des flux a été établie, précise le MPC.

En outre, les autorités russes avaient présenté une demande d'entraide judiciaire à la Suisse et l'Office fédéral de la justice l'avait transmise au MPC pour exécution, précise le Ministère public, sans donner d'autres détails. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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