Paris: Mort du président bissau-guinéen
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ParisMort du président bissau-guinéen

Malade de longue date, le président bissau-guinéen Malam Bacai Sanha est mort à l'âge de 64 ans dans un hôpital parisien.

Malam Bacai Sanha avait été élu en juillet 2009 à la présidence de la Guinée-Bissau.

Malam Bacai Sanha avait été élu en juillet 2009 à la présidence de la Guinée-Bissau.

Le président bissau-guinéen Malam Bacai Sanha est mort lundi à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, a-t-on indiqué de source gouvernementale française, sans préciser de quelle maladie il souffrait.

Agé de 64 ans, le chef de l'Etat bissau guinéen avait été hospitalisé dans cet hôpital militaire, juste avant Noël, a indiqué cette source précisant qu'il était «dans le coma depuis longtemps». La maladie dont il souffre n'a jamais été rendue publique.

La nature de sa maladie n'a jamais été rendue publique en Guinée Bissau. En décembre, la présidence de ce pays avait démenti la mort de Malam Bacai Sanha annoncée par un journal sénégalais, mais son épouse, Mariam Sanha, avait indiqué à l'AFP qu'il se trouvait dans un «état critique».

La présidence à Bissau avait alors appelé la population au calme et promis de continuer à donner des informations sur la santé du chef de l'Etat. Elle avait précisé que son état de santé s'améliorait et continuait d'évoluer positivement après un coma artificiel dans lequel il avait été placé.

Malam Bacai Sanha, élu en 2009, avait été hospitalisé à Dakar et Paris à de nombreuses reprises.

Débat national sur sa santé

L'opposition bissau-guinéenne avait demandé un débat ouvert sur son état de santé, s'inquiétant des répercussions que pourrait avoir sa disparition dans un pays où les trois précédents présidents ne sont pas arrivés au bout de leur mandat de cinq ans, qu'ils aient été chassés ou tués.

La Guinée-Bissau, petit pays lusophone d'Afrique de l'Ouest, connaît une instabilité chronique depuis son indépendance du Portugal en 1974, marquée par des coups d'Etat et des violences dans lesquelles l'armée a joué un rôle prépondérant.

Le dernier soubresaut date du 26 décembre lorsqu'une attaque contre des objectifs militaires a été présentée par le gouvernement comme une tentative de coup d'Etat. Des hommes armés avaient attaqué le siège de l'armée, dans le centre de la capitale Bissau, ainsi que deux unités militaires dans la périphérie, selon l'armée qui avait annoncé ensuite la mise en échec de l'assaut et l'arrestation de plusieurs officiers. Un membre des forces de sécurité avait été tué et trois blessés dans les échanges de tirs.

Le pays est en outre devenu un point de passage de la cocaïne en provenance d'Amérique du Sud à destination de l'Europe, ce qui accroît l'instabilité.

La Guinée-Bissau, pays instable

La Guinée-Bissau est un pays d'Afrique de l'Ouest qui a connu de nombreux coups d'Etat et tentatives depuis son indépendance en 1974.

- SITUATION GEOGRAPHIQUE: Pays de l'Afrique de l'Ouest sur l'océan Atlantique. Ensemble continental et insulaire (36.100 km2). Limitrophe du Sénégal et de la Guinée.

- POPULATION: 1,65 million d'habitants en 2010 (Banque mondiale).

- CAPITALE: Bissau.

- LANGUES: Portugais (officielle), locales.

- RELIGIONS: Animistes (55%), musulmans (35%), chrétiens.

- HISTOIRE-REGIME: Colonie portugaise à partir du XVIème siècle. L'indépendance unilatérale est proclamée en 1973 après une lutte de onze ans conduite notamment par Amilcar Cabral. La République de Guinée-Bissau devient officiellement indépendante en 1974.

Luis Cabral, premier président, est déposé par l'armée en 1980. Joao Bernardo Vieira dit «Nino» est désigné pour le remplacer avant d'être élu, en 1984, président du Conseil d'Etat.

Après l'adoption du multipartisme (1991), Vieira et son mouvement, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), remportent en 1994 les premières élections pluralistes.

En 1998-1999, une rébellion aboutit au renversement de Vieira. Une junte lui succède avant une présidentielle remportée en 2000 par Kumba Yala (Parti de la rénovation sociale, PRS).

En 2003, le président Yala est renversé par une junte dirigée par le chef d'état-major, le général Verissimo Correia Seabra, tué en octobre 2004 lors d'une mutinerie de soldats.

M. Vieira, de retour d'exil, remporte en juillet 2005 la présidentielle en candidat indépendant. En novembre 2008, le PAIGC dirigé par Carlos Gomes Junior remporte les législatives.

Le président Vieira est tué en mars 2009 par des militaires à Bissau. Le président Sanha est élu en juillet 2009 sous la bannière du PAIGC.

- ECONOMIE: Economie rurale à 90% et faible industrie. Noix de cajou (85% des recettes d'exportation). Pêche, arachide, bois.

Ressources minières et pétrolières non encore exploitées et convoitées par plusieurs pays comme la Chine, l'Angola et le Venezuela.

Le pays traverse une situation économique et sociale difficile. 80% de la population vit avec moins d'un dollar par jour (ONU).

- PIB par habitant: 533 dollars en 2010 (BM).

Début 2011, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont annulé plus de 90% de la dette extérieure estimée à 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros).

La Guinée-Bissau est considérée comme un important point de transit du trafic de cocaïne de l'Amérique du Sud vers l'Europe.

- FORCES ARMEES: Officiellement, les forces armées comptent 4.458 hommes, mais selon des études de la Commission européenne, qui aide à la mise en place d'une réforme du secteur de la Défense depuis 2007, le pays en compte trois fois plus. Une fois la réforme achevée, les effectifs devraient être ramenés à 3.500 hommes. (afp)

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