Statistiques de l’OFSP: Morts d’autre chose mais comptés dans le total des décès du Covid

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Statistiques de l’OFSPMorts d’autre chose mais comptés dans le total des décès du Covid

L’OFSP comptabilise dans son bilan des morts dont on sait que ce n’est pas le Covid qui les a tués. Mais la surmortalité donne finalement raison au total.

par
Yannick Weber
La surmortalité montre un gros impact du Covid-19 sur le nombre de décès en 2020.

La surmortalité montre un gros impact du Covid-19 sur le nombre de décès en 2020.

AFP

Un petit Saint-Gallois de 9 ans, un Vaudois et un Zurichois entre 20 et 29 ans: tous trois, décédés alors qu’ils étaient positifs au coronavirus, figurent depuis la semaine dernière dans les chiffres des décès Covid tenus par l’OFSP. Or, pour deux des cas (l’enfant saint-gallois et le jeune Vaudois), le lien avec le virus n’est pas établi, et pour le cas zurichois, il est même formellement exclu. Pourtant, tous trois continueront de garnir le sombre bilan du virus.

Mardi après-midi lors de la conférence de presse de l’OFSP, Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle de l'infection et programme de vaccination, a rappelé que le décompte des décès totalise les personnes qui sont décédées alors qu’elles étaient porteuses du virus, «indépendamment de la cause du décès». Rien de nouveau sous le soleil pourtant, «ça a été comme ça depuis le début de la pandémie», rappelle-t-elle.

Bilan peut-être sous-estimé

Certains ne manqueront pas de suspecter que le bilan de la pandémie est donc artificiellement gonflé par rapport à la réalité. Or, il pourrait même au contraire être sous-estimé, selon un professeur à l’EPFZ et membre de la task force Covid. Interrogé par le «Tages Anzeiger», il note que les rares cas de personnes jeunes décédées d’autres causes mais comptabilisées dans les décès Covid sont probablement plus que compensés par les cas de personnes décédées après avoir attrapé le virus mais qui n’ont pas été testées, et qui donc ne figureront jamais dans les chiffres de l’OFSP.

Comme l’a rappelé Virginie Masserey mardi, le travail d’établir les statistiques précises en tenant compte des causes du décès revient à l’Office fédéral de la statistique, qui mène des recherches de fourmi. Ces données sont publiées, pour chaque année civile, deux ans après.

Mais finalement, le chiffre semble le bon

Le décompte de l’OFSP donne tout de même des indications proches de la réalité et que l’on aurait tort de jeter aux oubliettes. L’OFS, de son côté, fait le décompte du nombre total de morts en Suisse, toutes causes confondues, et en dégage la surmortalité, c’est-à-dire l’excès de décès par rapport à une moyenne attendue. «Si on compare ces chiffres, ils sont très analogues», note Virginie Masserey. Par exemple, le 20 décembre, la surmortalité était de 6180 décès depuis le début de l’année, alors que le nombre de décès Covid était d’un peu plus de 6000 depuis le début de la pandémie.

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