Désescalade: Moscou débloque en partie l'accès à la mer d'Azov
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DésescaladeMoscou débloque en partie l'accès à la mer d'Azov

Moscou a partiellement débloqué mardi les ports de Berdiansk et de Marioupol, importants pour les exportations ukrainiennes.

Un premier signe de détente entre Kiev et Moscou est apparu mardi, l'Ukraine annonçant le déblocage partiel par la Russie de l'accès à la mer d'Azov, au coeur d'un bras de fer sans précédent depuis plusieurs années entre ces deux pays.

Pour sa part, la Cour Européenne des droits de l'Homme (CEDH) a appelé Moscou à prodiguer un «traitement approprié» aux marins ukrainiens dont les navires ont été arraisonnés par la marine russe.

Cruciaux pour les exportations ukrainiennes, «les ports de Berdiansk et de Marioupol sont partiellement débloqués», a déclaré dans un communiqué le ministre ukrainien des Infrastructures, Volodymyr Omelyan.

«Les navires entrent et sortent par le détroit de Kertch» reliant la mer Noire à celle d'Azov, a-t-il poursuivi. «La partie russe les arrête et les inspecte comme avant, mais la circulation a partiellement repris».

«C'est une désescalade contrôlable» opérée par la Russie, du moins sur le plan militaire, a déclaré à l'AFP Mykola Soungourovski, le directeur des programmes militaires du Centre d'analyse Razoumkov à Kiev.

Trois navires arraisonnés

La Russie a arraisonné manu militari le 25 novembre trois navires de guerre ukrainiens qui tentaient de pénétrer de la mer Noire dans celle d'Azov et capturé les 24 marins à leur bord.

Il s'agit de la première confrontation militaire ouverte entre Moscou et Kiev depuis l'annexion en 2014 par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée et le début la même année d'un conflit armé dans l'est de l'Ukraine entre forces gouvernementales et séparatistes prorusses qui a fait plus de 10'000 morts.

Cet affrontement maritime a ravivé les craintes d'un plus vaste conflit entre ces deux ex-républiques soviétiques. Si les pays occidentaux ont soutenu l'Ukraine dans ce conflit, ils ont appelé les deux parties à la retenue.

- Soins médicaux aux marins blessés -

En réponse à ces dernières tensions, l'Ukraine a instauré pour un mois la loi martiale dans ses régions frontalières et côtières, disant craindre une «guerre totale» de la part de Moscou qu'elle accuse d'avoir drastiquement renforcé sa présence militaire à sa frontière.

Malgré une certaine amélioration de la situation mardi, aucun progrès n'était visible notamment en ce que concerne le sort des marins faits prisonniers dont les autorités de Kiev, soutenues par les Occidentaux, réclament la libération.

Dans ce contexte, le président ukrainien Petro Porochenko a reçu mardi une quinzaine de proches de ces marins, promettant de se battre pour qu'ils soient relâchés.

«On ne fait aucun compromis» sur leur sort, a-t-il assuré au cours de cette rencontre, émaillée de pleurs et d'embrassades. «En premier lieu, les militaires (doivent rentrer) chez eux», le voit-on affirmer dans la vidéo de cet entretien diffusée par la présidence.

Inculpés de passage illégal

Accusés par la Russie d'avoir pénétré illégalement dans les eaux territoriales russes, les marins ukrainiens, dont au moins trois ont été blessés pendant l'affrontement, ont été placés en détention provisoire en Crimée, puis transférés à Moscou.

Ils ont été inculpés de passage illégal de la frontière et risquent jusqu'à «six ans de prison», a déclaré mardi à l'AFP Nikolaï Polozov, l'avocat russe d'un des marins. Pour l'Ukraine, ces hommes sont des «prisonniers de guerre» et ne peuvent pas être jugés par la justice russe.

«Pas en danger»

Saisie par Kiev dans le cadre d'une procédure d'urgence, la Cour européenne des droits de l'Homme a demandé mardi au gouvernement russe de «veiller à ce que les personnes en captivité reçoivent un traitement médical approprié (...), y compris celles qui auraient pu être blessées dans l'incident naval».

La responsable municipale de Moscou pour les droits de l'Homme Tatiana Potiaeva a assuré mardi que les jours des trois marins ukrainiens n'étaient «pas en danger». «On leur prodigue tous les soins médicaux nécessaires et les gars ne se plaignent pas», a-t-elle affirmé, citée par une porte-parole, après leur avoir rendu visite dans l'unité médicale de la prison de Matrosskaïa Tichina.

Mme Potiaeva devait ensuite aller voir les 21 autres marins, qui se trouvent dans la prison de Lefortovo. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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