Ossétie du Sud: Moscou prend en charge les frontières en dépit de l'OTAN
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Ossétie du SudMoscou prend en charge les frontières en dépit de l'OTAN

La Russie a accusé jeudi l'OTAN de provoquer des tensions en Abkhazie et en Ossétie du Sud en organisant des manoeuvres militaires en Géorgie.

Elle a signé deux accords lui donnant le contrôle des frontières de ces deux régions séparatistes.

«Jusqu'à ce qu'elle forme ses propres gardes-frontières, la partie abkhaze délègue à la Fédération russe l'autorité pour garder les frontières de son Etat afin d'assurer sa sécurité», indique le texte de l'accord signé au Kremlin entre le président russe Dmitri Medvedev et les dirigeants de l'Abkhazie.

L'accord, dont une version similaire a été paraphée avec l'Ossétie du Sud, précise que ce transfert de responsabilité entre en vigueur pour une durée minimale de cinq ans. Ni l'Abkhazie ni l'Ossétie du Sud n'auront de compétence juridique sur les postes- frontières russes.

Moscou a reconnu l'an dernier les deux régions comme des Etats indépendants, envers et contre les pays occidentaux, après un bref conflit armé avec la Géorgie qui avait tenté d'en reprendre le contrôle.

Cette initiative est prise une semaine avant le début de manoeuvres militaires conduites par l'OTAN en Géorgie, dont la Russie critique vivement la tenue. La Russie fait valoir que celles- ci risquent de déstabiliser la région.

«Provocation grossière»

«Les exercices prévus de l'OTAN sont une provocation grossière, en dépit de tout ce que peuvent nous dire nos partenaires occidentaux pour tenter de nous convaincre du contraire», a dit M.Medvedev après avoir paraphé ces accords. «Ceux qui prennent ces décisions devront assumer l'entière responsabilité de toute conséquence négative», a-t-il ajouté.

A Bruxelles, l'OTAN a pour sa part estimé que ces transferts de responsabilité étaient en contradiction avec les accords de paix conclus sous médiation européenne. Selon un porte-parole, cette décision «ne sert pas les intérêts de la paix et de la sécurité à long terme dans la région du Sud-Caucase».

Les manoeuvres militaires prévues dans le cadre du Partenariat pour la Paix de l'OTAN dont la Géorgie est membre et sont agendées agendées un an, a souligné l'Alliance atlantique. Moscou avait rejeté l'invitation de cette dernière d'envoyer des observateurs russes.

La secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Eka Tkechelachvili a également dénoncé jeudi ces accords et accusé Moscou de vouloir annexer des territoires géorgiens.

»L'accord en question ne change rien étant donné que les forces d'occupation russes contrôlent entièrement l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud depuis août dernier. Ceci est un nouveau pas de la Russie en vue de compléter l'annexion de ces deux régions géorgiennes», a-t- elle affirmé.

Diplomates expulsés

Dans ce climat crispé, la tension est encore montée d'un cran dans la journée après l'expulsion par l'Alliance de deux diplomates russes travaillant à la mission de Russie auprès de l'OTAN en représailles à une affaire d'espionnage.

Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi en qualifiant cet ordre d'expulsion de «provocation grossière» basée sur des «prétextes fantaisistes».

L'ambassadeur de Russie auprès de l'OTAN, Dmitri Rogozine, a de son côté assuré que les deux diplomates russes n'étaient pas des espions, promettant une réponse «sévère et déterminée». Il a vu dans cette décision une tentative pour miner les efforts de rapprochement entre Moscou et Washington.

L'OTAN aurait pris cette mesure en rétorsion de l'affaire Herman Simm. Ce haut fonctionnaire estonien a été condamné en février à 12 ans de prison pour avoir livré plus de 2000 documents secrets à Moscou, dont des centaines hautement sensibles pour la sécurité de l'OTAN.

(ats)

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