06.08.2020 à 20:56

Covid-19«Mourir n’est pas une option»

On vous a demandé votre avis: faut-il laisser les jeunes se contaminer entre eux? Et vous avez soulevé des pistes intéressantes. Un spécialiste des HUG développe la question en imaginant le scénario qui en découlerait.

de
Lauren von Beust
La barre des 18 millions de cas de Covid-19 dans le monde a été franchie dimanche. Image d’illustration.

La barre des 18 millions de cas de Covid-19 dans le monde a été franchie dimanche. Image d’illustration.

AFP

Ne devrait-on pas «laisser les jeunes se contaminer entre eux»? Nous avons ouvert le débat sur cette proposition d’un infectiologue français. Vous avez été nombreux à partager vos avis et réflexions, laissant plus de 500 commentaires sur notre site. Si quelques-uns ne sont pas contre l’hypothèse de «laisser faire», privilégiant la «liberté individuelle», la majeure partie d’entre vous estime que de laisser les jeunes se contaminer entre eux pour endiguer la pandémie de Covid-19 ne serait pas une bonne solution. «Mourir n’est pas une option», écrit un lecteur qui imagine le scénario catastrophe qui découlerait de cette proposition. Par vos réactions, vous soulevez des pistes intéressantes. Le Dr Walter Zingg, médecin adjoint agrégé au service de prévention et contrôle de l’infection aux HUG, développe la thématique.

«Vis et laisse vivre!»

Alors que la pandémie de Covid-19 a déjà touché 18 millions de personnes et ôté la vie à plus de 700’000 dans le monde, certains d’entre vous considèrent que la «liberté individuelle» pourrait avoir une influence positive sur la santé publique: «Plus vite on se contamine, plus vite on a l’immunité de groupe et plus vite l’épidémie se termine», propose une lectrice. Ce à quoi rétorque un autre internaute qui n’est pas de cet avis: «Viser une immunité collective est illusoire.» L’idée n’est pas nouvelle.

Venue de Suède, la proposition de créer une immunité collective contrôlée dans la population a été reprise par le Royaume-Uni. «Il faut avouer que la stratégie est intéressante. Il y a un côté pertinent, mais ce type de situation est incontrôlable», estime Walter Zingg. La preuve, aucun de ces pays n’a atteint le but souhaité. «Avec la rapidité de propagation du virus, 60% de la population devrait être atteinte pour que l’infection s’arrête. Par ce chiffre, on considère que le taux de malades serait alors suffisant. Mais la stratégie est infaisable.»

«Qui a dit que quand tu as eu le Covid, tu ne peux plus le rechopper?» s’interroge une internaute lors du sondage. Et un autre d’ajouter: «Si on avait la certitude de développer une immunité après avoir contracté le virus pourquoi pas, mais à ce stade, on ne sait rien.» Le médecin des Hôpitaux universitaires genevois le confirme: «Si nous sommes immunisés à un temps T, nous le sommes peut-être pour une certaine période, mais cela n’est en effet pas garanti sur le long terme. On en apprend toutes les semaines sur le virus, c’est pourquoi il faut rester prudent sur la question. Rien n’est tout noir ou tout blanc.»

Tout le monde sous cloche

«Si les jeunes vivaient en bocal, pourquoi pas. Mais nous partageons l’espace public…» fait remarquer un lecteur. L’idée n’est pas totalement folle puisque si plus personne n’avait de contacts, le Covid-19 finirait par disparaître. Prolongeons l’hypothèse, celle de faire vivre les gens sous cloche pour endiguer l’épidémie. «Tuer ainsi le virus est une opération possible à l’échelle d’un petit groupe de personnes, d’un village. Peut-être même d’un pays. Mais c’est impossible lorsqu’on parle de pandémie. C’est tout à fait illusoire», affirme le médecin.

Il développe: «Sans compter qu’exposer tous les jeunes à la maladie prendrait du temps. Temps pendant lequel le virus pourrait muter. C’est donc une stratégie risquée, car on ne pourrait plus le contrôler. Croire que l’on peut tout contrôler est un mythe.» Et puis «nous vivons tous ensemble et donc avec les gens qui courent davantage de risques», comme le rappelle justement un internaute.

Les jeunes, «pas invincibles»

«Le risque n’est pas tant pour les jeunes mais plutôt pour leurs proches», soulève une autre lectrice. Comme révélé dimanche par l’OFSP, la famille est en effet la principale source de contamination au coronavirus. Et fin juillet, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rappelé que les jeunes «ne sont pas invincibles» face au virus. Eux aussi «peuvent mourir».

Si la majorité des personnes atteintes s’en sortent sans encombre, ou après avoir subi quelques symptômes bénins, les médecins s’inquiètent au niveau mondial d’une augmentation des cas d’embolies pulmonaires chez des patients âgés de 20 à 30 ans. Certains croient en être «guéris», mais continuent pourtant de se plaindre de maux de tête, inflammations cutanées ou encore de douleurs thoraciques.

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513 commentaires
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Tschellsy

07.08.2020 à 21:53

Cher 20 Minutes je vous remercie énormément d’avoir mis mon texto « vis et laisse vivre » Vraiment une jolie surprise.

Ou dégringolade

07.08.2020 à 18:05

ça promet une bonne rigolade.

Jero

07.08.2020 à 16:17

you only die once