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Journaliste libéréMoussa Kaka: «Je reviens des portes de l'enfer»

Le correspondant de Radio France internationale (RFI) au Niger, Moussa Kaka, est sorti mardi de la prison de Niamey après plus d'un an de détention.

Vêtu d'un tee-shirt RFI, Moussa Kaka, visiblement stressé et en colère contre les autorités, a retrouvé ses deux femmes et ses enfants ainsi que des amis qui l'attendaient devant le centre de détention où s'étaient réunies des dizaines de personnes.

«Je suis très ému car je reviens de très loin, sincèrement à la limite des portes de l'enfer», a-t-il déclaré à la presse. «Du début jusqu'à aujourd'hui j'étais innocent, seulement je leur 'pompais l'air' en faisant mon travail de journaliste alors il fallait qu'ils me mettent à l'ombre», a-t-il dit, ajoutant: «Je n'ai rien fait de mal. Je garde la tête haute».

La cour d'appel de Niamey avait ordonné un peu plus tôt sa mise en liberté provisoire «d'office».

«Les faits sont requalifiés d''atteinte à l'intégrité du territoire national par entente avec les éléments du MNJ'», le Mouvement des Nigériens pour la Justice, rébellion touareg, a précisé son avocat Me Fodi Boureima Mamadou.

«Moussa est renvoyé devant le tribunal correctionnel. L'infraction qui était considérée comme un crime au départ a été requalifiée en délit», a souligné l'avocat.

Pas de rébellion, selon les autorités

Le journaliste, également correspondant de Reporters sans frontières (RSF) et directeur de la radio privée Saraounya, encourt désormais une peine allant de un à dix ans de prison.

Correspondant de RFI depuis quinze ans, Moussa Kaka avait été arrêté le 20 septembre 2007 puis inculpé de «complicité d'atteinte à l'autorité de l'Etat» pour des liens présumés avec les rebelles touareg.

Il est poursuivi sur la base d'enregistrements d'écoutes téléphoniques, seules preuves à charge qui contenaient des conversations avec notamment Agaly Alambo, chef du MNJ.

Niamey a toujours affirmé qu'il n'avait pas été arrêté en raison de ses activités journalistiques. Le président Mamadou Tandja a toujours nié l'existence d'une rébellion touareg, refusant de dialoguer avec le MNJ dont il qualifie les chefs de «bandits armés et de trafiquants de drogue». (ats)

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