Nucléaire : Mühleberg déconnectée plus tôt que prévu
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Nucléaire Mühleberg déconnectée plus tôt que prévu

La centrale de Mühleberg va être déconnectée plus tôt que prévu du réseau pour répondre à de nouvelles mesures de sécurité.

La centrale nucléaire de Mühleberg sera déconnectée du réseau dès jeudi. Les Forces motrices bernoises anticipent de cinq semaines la révision annuelle ordinaire afin de mettre en oeuvre des mesures permettant de garantir l'approvisionnement en eau du système de refroidissement.

Ces travaux s'inscrivent dans le cadre des nouvelles exigeances requises en matière de sécurité par l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) à la suite de l'accident de Fukushima, ont indiqué mercredi dans un communiqué les Forces motrices bernoises. Les FMB doivent adapter leur dispositif afin de garantir le prélèvement d'eau de refroidissement.

De nouvelles connaissances basées sur des scénarios extrêmes ont montré qu'on ne peut pas exclure qu'en cas de crue violente des débris puissent obstruer le dispositif d'alimentation du système d'urgence SUSAN, écrivent les FMB. La sécurité de la station de pompage en cas d'inondation sera en outre optimisée.

Coûts supplémentaires

Les FMB précisent que ce type de catastrophe présente un risque minime puisque selon les probabilités, il ne pourrait arriver qu'une fois tous les 10'000 ans. La durée de ces travaux ajoutée à la révision annuelle justifient la déconnection anticipée de la centrale. Celle-ci devrait être remise en activité en septembre, à la fin de la révision.

Selon les FMB, «il faudra compter avec des coûts de 20 millions de francs pour l'acquisition de l'énergie de remplacement». Le groupe n'exclut pas que l'arrêt prolongé de la centrale de Mühleberg, ajouté aux charges traditionnelles et aux projets de remplacement des centrales nucléaires, ne pèse sur le résultat 2011.

La centrale bernoise fait l'objet d'une virulente campagne des anti-nucléaires qui exigent sa fermeture immédiate. Bénéficiant d'un large soutien dans la population, ils estiment que les conditions de sécurité de ce site ne sont pas remplies.

Nouvelle expertise demandée

Les habitants de la région regroupés en comité ont fait recours en février 2010 contre l'exploitation illimitée du site accordée par le Département fédéral de l'énergie (DETEC) en décembre 2009. Pour appuyer leur démarche, ils exigent une nouvelle expertise technique dans une requête au Tribunal administratif fédéral (TAF).

«En 2006, l'association allemande pour la surveillance technique TÜV Nord a relevé dans un rapport une série de problèmes de sécurité; nous demandons au TAF qu'il ordonne une deuxième expertise par ce même groupe d'experts afin de vérifier si les FMB ont suivi les recommandations émises à l'époque», a expliqué mercredi à l'ats Rainer Weibel, avocat du comité.

«Dans le cadre de la décision sur l'annulation de l'autorisation illimitée pour la centrale de Mühleberg, les recourants comptent sur le TAF pour la prise en compte des nouvelles connaissances techniques en matière de sécurité nucléaire», écrit le comité dans un communiqué. (ats)

Les membres du conseil de l'IFSN doivent être plus indépendants

Le Conseil fédéral tire les conséquences de la démission du président du conseil de l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) Peter Hufschmied. Il a approuvé mercredi le rapport d'activité 2010 du conseil, mais veut renforcer son indépendance dans une ordonnance.

Début mai, les médias avaient révélé que Peter Hufschmied était étroitement lié aux Forces motrices bernoises (FMB), qui exploitent la centrale nucléaire de Mühleberg (BE). Il préside le conseil d'administration de la maison tropicale de Frutigen (BE), sponsorisé notamment par les FMB. Après s'être récusé, le président a fini par démissionner le 24 juin.

Selon le Département fédéral de l'énergie (DETEC), ses mandats sont compatibles avec les dispositions relatives à l'indépendance inscrites dans l'ordonnance sur l'IFSN. Mais il y a des contradictions entre la loi et l'ordonnance, a constaté le DETEC.

La loi, plus sévère, stipule que «les membres du conseil de l'IFSN ne sont pas autorisés à exercer une activité commerciale ni à occuper une fonction fédérale ou cantonale pouvant porter préjudice à leur indépendance». Le DETEC va donc proposer au Conseil fédéral d'adapter l'ordonnance pour qu'elle respecte mieux le texte de loi.

La modification sera effectuée en prévision du renouvellement des membres du conseil de l'IFSN pour la nouvelle période administrative 2012-2015. Organe de surveillance interne de l'institut, le conseil est composé de 5 à 7 membres nommés par le gouvernement pour quatre ans. M. Hufschmied est remplacé jusqu'à la fin de l'année par la vice-présidente de l'IFSN, Anne Eckhardt Schenk.

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