Nucléaire: Mühleberg exploitée jusqu'en 2022
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NucléaireMühleberg exploitée jusqu'en 2022

Les FMB veulent exploiter la centrale nucléaire de Mühleberg jusqu'en 2022 au plus.

Les Forces motrices bernoises (FMB) ont dévoilé mardi la stratégie pour l'après-Mühleberg. Elles entendent exploiter cette centrale nucléaire jusqu'en 2022 au plus tard. Le groupe bernois souhaite ensuite miser sur les énergies renouvelables.

Le conseil d'administration a adopté la nouvelle stratégie des FMB baptisée «BKW 2030» qui privilégie l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables nécessaires pour remplacer la production de Mühleberg. Le groupe entend se concentrer principalement sur la force hydraulique et l'énergie éolienne.

Décision du TF

Cette stratégie dépend toutefois de la décision que doit rendre le Tribunal fédéral (TF) sur l'autorisation d'exploitation illimitée de Mühleberg. Le 7 mars, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a estimé que la centrale ne pouvait être exploitée que jusqu'en été 2013 sauf si les FMB présentaient un nouveau concept de sécurité.

Les FMB ont fait recours contre l'arrêt du TAF. Le TF devra donc trancher sur la poursuite ou non de l'exploitation de la centrale au- delà du premier semestre 2013. L'exploitant estime être mieux à même de promouvoir les énergies renouvelables s'il peut encore exploiter Mühleberg quelques années.

L'entreprise d'électricité affirme devoir importer du courant si Mühleberg devait déjà cesser ses activités en été 2013.

Centrales à gaz

A l'horizon 2030, FMB Energie SA entend renoncer à l'acquisition de projets de production thermique fossile supplémentaires. Mais cela ne concerne pas les installations déjà en cours. Il se réserve la possibilité de construire des centrales à gaz déjà en projet en Suisse ou dans les pays voisins.

Ce scénario, qui s'inscrit en accord avec la stratégie énergétique 2050 de la Confédération, doit permettre de maintenir la sécurité d'approvisionnement de la Suisse. Sur le long terme, les Forces motrices bernoises maintiennent leur objectif d'une production neutre en CO2.

Milieux anti-nucléaires

La volonté des FMB d'exploiter Mühleberg jusqu'en 2022 soulève des interrogations dans les milieux anti-nucléaires. L'alliance «Non au nucléaire» dit ne pas comprendre pourquoi les FMB veulent continuer à exploiter la centrale. Elle attend aussi du groupe qu'il retire la demande de construire une nouvelle centrale.

Ce groupement salue en revanche le volet de la stratégie misant sur l'efficience énergétique et les énergies renouvelables. Il souligne toutefois qu'il faut que ces «louables paroles» soient suivies de preuves tangibles.

Pour Greenpeace, FMB Energie SA avance de façon trop hésitante dans la mise en oeuvre du tournant énergétique. L'association estime que Mühleberg doit immédiatement être mise à l'arrêt, et pas seulement en 2022 au plus tard.

L'agence des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique (A EE) affirme que les énergies renouvelables pourraient remplacer sans problèmes les plus vieilles centrales nucléaires de Suisse. Elle juge superflue une nouvelle centrale thermique à gaz.

Nouveau chef

Le groupe FMB Energie veut aussi se doter d'un nouveau patron pour aborder l'avenir. L'actuel CEO Kurt Rohrbach quittera ses fonctions après une phase de transition pour occuper la 2e vice- présidence du conseil d'administration, où il contribuera à la mise en oeuvre de la stratégie. Mais en attendant la désignation d'un nouveau CEO, Kurt Rohrbach assumera les deux fonctions. (ats)

Trois mètres carrés de panneaux solaires par habitant pour remplacer Mühleberg

Il suffit de 3 mètres carrés de panneaux solaires par habitant pour remplacer la centrale nucléaire de Mühleberg (BE). Dans une étude publiée mardi, l'Agence des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique (AEE) a souligné que les énergies renouvelables «peuvent sans problème remplacer les plus vieilles centrales» de Suisse.

«Comme le montrent les expériences faites en Allemagne, il est parfaitement possible de développer rapidement l'exploitation de l'énergie solaire pour remplacer la centrale de Mühleberg», affirme le professeur Franz Baumgartner de la Haute école ZHAW de Winterthour. Il reconnaît toutefois que le prix du courant s'en trouverait renchéri d'un demi-centime par kilowattheure (kWh).

«Avec la volonté politique nécessaire, le remplacement de la centrale nucléaire obsolète de Mühleberg et des autres vieilles cuves atomiques de Beznau I et II par des énergies modernes n'est pas une vision d'avenir mais peut être fait ici et maintenant», a plaidé Stefan Batzli, directeur de l'AEE. «Rien que la production prévue des projets déposés à la Confédération et non encore traités pour bénéficier de la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC) suffirait».

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