Royaume-Uni : Multinationales accusées de payer trop peu d'impôts

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Royaume-Uni Multinationales accusées de payer trop peu d'impôts

Google ou Starbucks sont accusées de tirer profit des failles du système pour payer le moins possible d'impôts alors que les Britanniques font face à des mesures d'austérité sans précédent.

«En ces temps difficiles, quand des dizaines de milliers d'entreprises britanniques paient leurs impôts de base, il n'est pas acceptable de découvrir que des multinationales de premier plan y échappent», a dénoncé mardi le ministre des Entreprises Vince Cable dans le «Guardian».

«Ils tirent beaucoup de valeur de l'économie britannique et des consommateurs britanniques, avec une faible contrepartie», a-t-il ajouté.

Les médias ont multiplié ces dernières semaines les révélations sur les grands groupes étrangers payant très peu voire pas d'impôts sur les bénéfices, grâce à des artifices comptables comme le paiement de royalties pour l'utilisation de la marque ou le transfert de revenus vers une juridiction plus favorable, malgré les milliards de livres gagnés dans le pays.

Vive polémique

Des affaires qui ont suscité une vive polémique et amené le gouvernement Cameron et le Parlement à monter au créneau. Le ministre des Finances George Osborne a quant à lui appelé lundi, avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble, le G20 à renforcer la coopération en matière de taxation des multinationales.

Des changements dans les pratiques commerciales, comme le développement du e-commerce, permettent à certaines entreprises «d'échapper à la taxation de leurs profits dans les juridictions où ils sont générés», ont-ils indiqué dans un communiqué conjoint.

«Nous voulons des impôts compétitifs qui montrent que la Grande- Bretagne est ouverte aux affaires et qui attirent les multinationales pour investir et créer des emplois dans notre pays, mais nous voulons aussi que les multinationales paient ces impôts», a insisté M. Osborne. Et «la meilleure façon d'y parvenir passe par une action internationale», a-t-il jugé.

la grogne monte

Car l'optimisation fiscale pratiquée par les grands groupes pour réduire leurs feuille d'impôts n'a en effet bien souvent rien d'illégal. Mais il n'empêche que la grogne monte alors que les Britanniques font face à une sévère cure d'austérité gouvernementale.

«Il y a de la colère et une grande frustration de la part des citoyens ordinaires et des petites entreprises qui se sentent harcelés (...) alors que si vous êtes une grande entreprise, vous pouvez être invités à boire le café au Trésor public», a raillé la députée travailliste Margaret Hodge lors de l'audition parlementaire tendue lundi de la patronne du fisc, Lin Homer. Des dirigeants de Starbucks, de Google et d'Amazon doivent être entendus lundi prochain par cette même commission des finances publiques.

Google a payé 3,4 millions de livres d'impôts

Google n'aurait payé que 3,4 millions de livres d'impôts sur les bénéfices en Grande-Bretagne l'an dernier sur des revenus d'environ 2,5 milliards, tandis que Starbucks n'en a pas payé du tout sur près de 400 millions de livres de chiffre d'affaires, selon des chiffres cités lundi par le député conservateur Charlie Elphicke.

Contacté par l'AFP, Google a assuré «être en conformité avec toutes les règles fiscales» et «fournir une contribution substantielle à l'économie britannique à travers les taxes locales, les charges sociales et les impôts sur les bénéfices», sans toutefois vouloir donner le montant des impôts payés dans le pays.

Starbucks avait récemment affirmé avoir payé ces trois dernières années plus de 160 millions de livres de taxes et de charges et avait expliqué ne pas payer d'impôts sur les bénéfices car il n'en dégageait pas assez dans le pays.

Selon le «Times», les groupes étrangers opérant en Grande- Bretagne devraient un total de quelque 5,5 milliards de livres (6,9 milliards d'euros) au fisc britannique. Un montant que le ministère des Finances ne confirmait pas mardi.

(ats)

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