Municipales en France: la droite espère éviter le pire, le MoDem en arbitre
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Municipales en France: la droite espère éviter le pire, le MoDem en arbitre

La majorité de droite espère limiter les dégâts face à une gauche conquérante dimanche, au second tour des municipales en France.

Le scrutin sera encore troublé par la stratégie ambiguë du MoDem de François Bayrou, dont la crédibilité est en jeu à Pau.

Marseille, où le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin est confronté à un duel serré contre le socialiste Jean-Noël Guérini, sera l'épicentre d'un paysage électoral en recomposition après la progression notable de la gauche au premier tour des municipales et des cantonales dimanche dernier.

Si la deuxième ville de France venait à basculer, la droite, qui s'est efforcée de minimiser le revers du premier tour, serait ébranlée par une défaite potentiellement lourde de conséquences pour les aggiornamentos post-électoraux du gouvernement et de l'UMP.

Toulouse et Strasbourg sont également dans le viseur de la gauche, qui ne laisserait ainsi à la droite que deux des principales villes françaises: Bordeaux et Nice, où la majorité devrait rester maîtresse du jeu.

Montauban, Narbonne, Cahors, Millau, Quimper, Vannes, Briançon, Roanne, Sens sont au nombre des villes menacées à droite. A contrario, Mont-de-Marsan, Agen ou Calais, administrées par la gauche, pourraient basculer.

Le MoDem en arbitre

Les deux camps comptent sur la mobilisation de l'électorat après une abstention de plus de 33 % au premier tour. Mais ils devront aussi composer avec la versatilité des électeurs du Mouvement Démocrate (MoDem).

Arbitre ambigu de ce premier test électoral pour le président Nicolas Sarkozy, alors qu'il n'a recueilli que 3,69 % des voix au niveau national, le MoDem vient compliquer l'entre-deux-tours en déployant une stratégie à géométrie variable: ici une fusion avec l'UMP (Toulouse, Colombes), là un accord avec le PS (Marseille, Lille, Chartres), et jusqu'à une alliance avec le Parti communiste à Aubagne (Bouches-du-Rhône).

François Bayrou s'étant refusé à toute consigne nationale, les 37 candidats MoDem en position de se maintenir dans des villes de plus de 30 000 habitants se sont lancés pour certains dans des triangulaires sous haute tension, souvent au détriment de l'UMP. A Paris, le MoDem maintient ses listes dans les trois arrondissements (Ve, VIIe, XIVe) où il a dépassé les 10 %.

«Destin» national en jeu

Les responsables de l'UMP mais aussi le Parti socialiste, divisé sur la stratégie à adopter envers le centre, tiennent rigueur à François Bayrou de semer la confusion aux seules fins selon eux de son ambition élyséenne.

Mais une défaite du centriste à Pau entraverait fâcheusement l'accomplissement du «destin» dont il s'affirme investi. Crédité de 32,16 % au premier tour, M. Bayrou affronte dimanche le maire sortant Yves Urieta (27,8 %), soutenu par l'UMP, et la socialiste Martine Lignières-Cassou (33,87 %) dans une triangulaire à risque.

Le patron du MoDem peut compter sur l'appui de l'ancien premier ministre Alain Juppé (UMP), réélu dès le premier tour à Bordeaux. Le même Alain Juppé a reproché à Nicolas Sarkozy l'erreur d'avoir «politisé» le scrutin, «un mauvais mélange des genres», alors que la situation nationale n'était pas «porteuse».

«Ajustements» post-électoraux?

La stratégie de l'exécutif a, de fait, souffert des ratés. Après un débat confus sur la nécessaire politisation de l'enjeu, l'heure est désormais à la «relocalisation» des municipales dont M. Sarkozy a paradoxalement assuré qu'il tirerait les leçons.

Pour le premier ministre François Fillon, qui ne masque plus des nuances d'interprétation avec le président sur les enseignements des 9 et 16 mars, la réponse au message des urnes est d'»accélérer» les réformes. Pour la majorité parlementaire, sous pression, un changement de méthode et de style serait opportun.

L'Elysée refuse quant à elle d'évoquer un remaniement gouvernemental post-électoral mais n'exclut pas des «ajustements», un scénario que le chef du gouvernement, en première ligne dans la campagne des municipales, récuse.

(ats)

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