Genève: Munitions dans le lac: pas de panique, assure une étude
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GenèveMunitions dans le lac: pas de panique, assure une étude

L’État de Genève a inspecté une première zone du Petit-Lac. Les obus et grenades détectés dans la vase sont «sans danger». Un expert doute.

par
David Ramseyer

Plusieurs centaines de tonnes de munitions reposent au fond du lac Léman.

Odysseus

La sécurité et l’environnement ne seraient pas menacés par les munitions qui dorment dans la vase du Léman genevois, soit de 150 à 1000 tonnes immergées là par le fabricant Hispano-Suiza entre les années 1940 et 1980. C’est en substance la conclusion d’une première inspection cantonale des fonds du Petit-Lac. Entre décembre et avril derniers, des sondeurs, des sonars, un robot-caméra et des plongeurs ont fouillé une zone de 1,5 km2.

Risque d’explosion jugé minime

Dans un communiqué publié jeudi, le Département du territoire affirme que les obus, les grenades ainsi que les quelques balles observés et remontés présentent un risque d’explosion spontanée «extrêmement faible». Une réaction en chaîne est également jugée «très peu probable». Enfin, les munitions sont «sans danger tant qu’elles restent à une profondeur constante et qu’elles ne subissent pas une contrainte ou percussion volontaire excessive».

Inventorier pour plus de sécurité

Et si ce n’est pas le cas? «Il y a très peu de risque qu’une grosse tempête ou des courants forts ne fassent bouger les munitions au fond du lac», observe Jacques Martelain, géologue cantonal. Si elles devaient remonter, il y aurait cependant un risque théorique d’explosion en raison de la dépressurisation de ces objets, reconnaît le spécialiste. Raison pour laquelle les secteurs de recherches sont gardés confidentiels: «Il faut éviter que des gens n’aillent voir de trop près.» Quid des chantiers navals? «La réalisation d’un cadastre des zones de dépôt doit justement permettre d’éviter les problèmes.» En conclusion, l’État assure aussi «qu’aucune pollution ne peut être liée à des munitions immergées».

Les inspections ont été réalisées en collaboration avec le Département fédéral de la défense et ses spécialistes des explosifs. Les recherches et les analyses se poursuivront. Elles doivent fouiller tout le Léman genevois pour établir d’ici à fin 2023 un inventaire des munitions immergées. Puis, «le cas échéant», assainir les secteurs concernés.

La méfiance reste de mise

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