Football – Murat Yakin: «Je suis obsédé par les détails»
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FootballMurat Yakin: «Je suis obsédé par les détails»

Le sélectionneur se livre sans concessions avant le rassemblement de l’équipe de Suisse, la semaine prochaine à Lausanne.

par
Tobias Wedermann
Murat Yakin n’est pas à son poste pour voir des problèmes, mais pour trouver des solutions.

Murat Yakin n’est pas à son poste pour voir des problèmes, mais pour trouver des solutions.

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Murat Yakin, après vos premières semaines en tant qu'entraîneur de l'équipe nationale, vous avez maintenant eu le temps de vous poser. Quel est votre bilan?

Ce fut une période intense, j'ai appris à connaître de nouveaux processus et de nouvelles personnes. Nous avons dû réagir à de nombreuses blessures et prendre des décisions importantes et rapides à la fois. Dans l’ensemble, mes premières semaines en tant qu'entraîneur de l'équipe nationale ont été positives.

En quoi ce nouveau travail a-t-il changé votre vie?

Je savais dans une certaine mesure ce qui m'attendait. Mais je dois dire qu'en plus du grand défi extrêmement motivant, j’éprouve beaucoup de plaisir au quotidien. Beaucoup de mes proches sont heureux pour moi ou avec moi, mais je suis surtout heureux pour moi. (rires)

«J'étais dans le stade pour plusieurs matches de clubs en Suisse et à l'étranger.»

Murat Yakin, sélectionneur de l’équipe de Suisse
Murat Yakin

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Maman Yakin doit être incroyablement fière de son fils...

Elle est folle de joie. Malheureusement, elle ne pouvait pas être là contre l'Italie. Elle était de retour en Turquie pour la première fois après un an et demi de pandémie. Je m'attendais à ce qu'elle revienne tout de suite pour le match, mais elle avait beaucoup à faire. A l'âge de 87 ans, elle a quand même réussi à installer son wifi et Facetime: nous avons pu communiquer de cette façon. La semaine prochaine, elle sera dans le stade contre l'Irlande du Nord.

Contrairement à votre travail d'entraîneur de club, vous avez désormais des pauses plus longues entre les matches. Comment avez-vous utilisé ce temps jusqu'à présent?

Ces périodes de pause vous donnent la possibilité d'analyser le jeu plus en profondeur et plus en détails. Mais je me projette aussi rapidement vers l'avenir, en échangeant des idées avec les joueurs et en observant leurs performances. Par exemple, j'étais dans le stade pour plusieurs matches de clubs en Suisse et à l'étranger.

Après le match contre l'Italie, il y a eu beaucoup d'éloges; après le match contre l'Irlande du Nord, il a fallu pour la première fois essuyer de sérieuses critiques. Bienvenue dans le costume de sélectionneur national!

Je suis dans ce business depuis assez longtemps pour relativiser les gros titres. Contre l'Italie, nous avons montré un bien meilleur visage que lors de l’Euro. Contre l'Irlande du Nord, malgré le résultat, nous avons eu la bonne approche et je suis satisfait de la performance des joueurs. Chacun de ces deux points étaient importants pour viser la deuxième place du groupe. Pour accrocher la première place, nous devrons de toute façon battre l'Italie.

Murat Yakin

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Mais l’ambition légitime, cela devait être une victoire en Irlande du Nord, non?

72 heures après le match contre l'Italie, nous avons joué dans un système complètement différent et sans entraînement. Nous aurions dû être plus précis dans la dernière zone et saisir les opportunités, oui. Nous ne l'avons pas fait. Bien sûr, nous avons tous été déçus du résultat.

Avec Xhaka et Shaqiri, vous avez deux stars qui attirent énormément l’attention. Comment est-ce que vous gérer cela?

Ce sont définitivement deux des grandes figures de proue du football suisse. Je pense qu'au fond d’eux, ils aimeraient juste jouer au football en paix. Mais les têtes qui dépassent suscitent toujours plus de réaction que les autres. Pour moi, en tant qu'entraîneur, la seule chose qui compte est que tous les joueurs sur le terrain soient performants et agissent toujours dans l'intérêt du collectif. Si un joueur ne respecte pas ces règles d'équipe, il doit s’attendre à des conséquences.

«En dehors du terrain, je suis détendu et ouvert.»

Murat Yakin, sélectionneur de l’équipe de Suisse

Comment décririez-vous votre style de management? On a entendu dire que vous parveniez à mettre une bonne ambiance.

Oui, en dehors du terrain, je suis détendu et ouvert, et je peux aussi m'amuser avec les gars de temps en temps. Mais en fin de compte, je suis obsédé par les détails et j'exige des performances. J'ai dit à l'équipe que l'Euro avait suscité une grande euphorie dans le pays. Mais notre objectif doit être d'aller plus loin, de devenir encore meilleur. Je sais ce qu'il faut pour gagner des championnats et des tournois: courir beaucoup, avoir une volonté absolue de gagner, entretenir un esprit d'équipe et s’atteler à une grosse discipline défensive.

Pour remplacer Xhaka, vous avez sorti Fabian Frei de votre chapeau. A Bâle, on dit qu'il a toujours été un de vos joueurs préférés.

J'ai pu travailler avec beaucoup de bons joueurs partout où je suis passé. «Fabi» en particulier est un joueur d'équipe polyvalent, qui aime jouer au football et ne se prend pas trop au sérieux.

De manière générale, on a remarqué que vous faisiez confiance à des joueurs de Super League. Le temps de jeu est-il un critère plus important chez vous que le prestige du club, ou est-ce simplement le fruit d'une nécessité?

Ce sont les circonstances qui ont dicté ces choix. Mais bien sûr, le principe de la régularité dans la performance joue un rôle dans ma planification. Si vous ne jouez pas dans votre club pendant trois ou quatre semaines, vous ne pouvez pas compenser avec trois entraînements en équipe nationale.

Vous êtes donc heureux de voir des joueurs comme Xherdan Shaqiri ou Steven Zuber rejoindre un club où ils sont désormais titulaires indiscutables?

«Shaq» est en pleine forme et je suis heureux que la situation de Steven soit désormais résolue et qu'il ait déjà marqué des buts à Athènes. J'ai un très bon groupe disponible en équipe nationale et c'est plaisant de les voir sur le terrain et de suivre leur évolution.

«Personne n’est irremplaçable dans une équipe nationale.»

Murat Yakin, sélectionneur de l’équipe de Suisse

A quel point les forfaits Granit Xhaka et Haris Seferovic vous ont-ils fait mal?

Ce sont deux joueurs importants et, bien sûr, nous aurions aimé les avoir avec nous. Mais personne n’est irremplaçable dans une équipe nationale. J'ai beaucoup de joueurs qui peuvent bien jouer à ces postes. Je ne suis pas là pour voir les problèmes, mais pour trouver des solutions.

Murat Yakin

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Votre capitaine Granit Xhaka ne pourra probablement pas évoluer sous vos ordres durant cette phase qualificative. Comment cela affecte-t-il votre travail et la hiérarchie au sein de l'équipe?

Nous avons dû nous passer de lui depuis le début de l'automne, c’est vrai. Mais il y a une hiérarchie bien établie en équipe nationale, même si Granit est absent. Nous avons plusieurs joueurs de premier plan et un ordre clair de capitaines.

«Nous surveillons de près Michael Frey»

Murat Yakin, sélectionneur de l’équipe de Suisse

Seferovic blessé, Gavranovic sans temps de jeu… C’est au tour de Michael Frey de faire ses débuts dans une équipe nationale!

Bien sûr, nous le surveillons de près. Mais nous en avons aussi d'autres joueurs sur notre radar, comme Cedric Itten, qui reçoit beaucoup de temps de jeu à Fürth et qui a marqué un but contre le Bayern.

Comment comptez-vous décrocher vos premières victoires en qualifications contre l'Irlande du Nord et la Lituanie?

Ce seront deux matches très compliqués mais assurément dans nos cordes. Nous devons être dominants sur le terrain, jouer intelligemment vers l’avant et tenter notre chance. Avec Xherdan Shaqiri et Breel Embolo, nous enregistrons aussi le retour au jeu de joueurs qui sont déterminants.

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