En concert à Paléo: Nadéah: «Jouer des titres calmes, c'est chiant»
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En concert à PaléoNadéah: «Jouer des titres calmes, c'est chiant»

La sensuelle et longiligne Nadéah sera jeudi 19 juillet 2012 sur l'Asse. On tombe sous le charme du franc-parler de cette musicienne autodidacte.

par
Fabien Eckert
L'Australienne a enflammé le Montreux Jazz Café dernièrement.

L'Australienne a enflammé le Montreux Jazz Café dernièrement.

Votre carrière n'aurait peut-être pas démarré si vous n'aviez pas perdu votre passeport à Paris...

J'avais tout perdu et je n'avais plus d'argent pour rentrer en Australie. J'étais coincée. Alors je faisais la manche devant un café. Et j'ai rencontré un mec qui a apprécié ce que je jouais dans la rue. Et moi je l'appréciais bien parce qu'il était bien roulé... Et on a commencé la musique ensemble.

Vous avez sorti votre premier album solo, «Venus Gets Even», après avoir chanté dans de nombreux groupes, notamment de rock. Qu'est-ce que ça change pour vous?

J'aime pas trop ça. Je préfère pouvoir partager mes craintes, mes joies et surtout de pouvoir construire quelque chose ensemble. Mais même si ce n'est pas ma tasse de thé, je me suis dit qu'une fois dans ma vie je devais sortir un truc seule pour pouvoir le défendre.

Vous êtes une globetrotteuse, notamment en Australie à Paris ou à Londres. Vous êtes-vous inspirée de l'énergie de ces villes?

Bien sûr! Cet album n'aurait jamais vu le jour si j'avais été à New-York au moment de le composer. Tu vois, si j'avais été à Los Angeles, peut être que j'aurais écrit un truc à la sauce «west coast rock».

Sur votre album, il y a énormément d'instruments classiques. Pourquoi?

Simplement parce que le réalisateur vient du classique. Et que les musiciens que j'ai rencontré à Paris, qui sont devenus mes amis, provenaient tous du même milieu. C'était pas des rockeurs. Pourtant c'est là d'où je viens. Du coup, cet album a une couleur très intéressante avec quand même du rock. Il y a aussi du swing. Tu sais, je ne me suis mise aucune contrainte.

Par contre sur scène, vous êtes une rockeuse pure et dure...

Effectivement je peux pas le cacher! Je me nourris de l'énergie du groupe. En live, les titres trop calmes, c'est chiant.

D'ailleurs qui sont tes maîtres à penser dans le rock?

Patti Smith, Iggy Pop, Jim Morrison ou Tom Waits.

Il y a une certaine légèreté dans la musique et en même temps vos textes sont parfois très tristes... Pourquoi?

T'as bien capté l'album! C'est parce que je suis comme ça. Je joue entre les deux. Si je fais un texte sombre et que je fais la musique de Nirvana ça va pas marcher, ça a déjà été fait. Pour moi ce qui est intéressant, c'est d'écrire un texte très lourd avec un cadre musical très gai et festif.

Paléo est un festival réputé. Des appréhensions?

Non, parce que je ne le connais pas plus que ça. Avec mon ancien groupe, Nouvelle Vague, je me suis retrouvée devant 40'000 personnes sans le savoir. Et là, c'est juste du plaisir. Après ça dépend aussi de l'heure à laquelle tu es programmée. Soit c'est top, soit c'est la cata!

Des rituels avant de monter sur scène?

Oui, on prie tous ensemble le «Zboob éternel» pour que le feu sacré descende sur le public et sur nous. Autrement ça nous arrive aussi de chanter «Eternal Flame» des Bangles.

Nadéah

Jeudi 19 juillet 2012, 20h, Club Tent.

Paléo Festival

Du 17 au 22 juillet 2012. Infos: www.paleo.ch

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